‹ Le roman de Fauvel :Chapitre 26 sur 91 · V. — LA LANGUE DU POÈME XLÏIÏ · texte numérisé non relu

V. — LA LANGUE DU POÈME XLÏIÏ

A un ai français, qui rime avec un ancien ai \ correspond le plus souvent la notation oi ou ai, mais quelquefois aussi c : hcent : recréent (= re-r croient) 1077, celeroi (i'"^ pers. du futur) : roy I, 569, miroer : louer î3i, menjouere : plere 289, menjoere : afere i3; paloys : galoys II, 1246 (à côté dQ palaii : balai:{ i3i5), loy : deloy {'=^ délai) i-/Sb,joer : ter^roer 3o37, ror : treroy -iZbb^paie : monnaie 25 1 3 (à côté de /o/e : monnoie 281'^), 7'r6z/e : guerroie 2654. Ici se rangent peut-être aussi les rimes Fauvel : vel (vélum) I, 93, et vel : revel 241, si tant est que vel représente un plus ancien ooil ; mais il pourrait aussi être un latitinisme.

Dans fiierre^ qui rime avec guerre II, ibgi, l'élément u de la diphtongue ue ne compte pas.

Pour la diphtongue ui nous avons un phénomène analogue dans guise : amenise (= amenuise) II, 3009, et si, comme il est probable, lite est le même mot que luite, dans dite : luite 2285 et petite : lite 27 17.

D'autre part, au lieu de la diphtongue régulière ui^ on a la ïovnxe pertw^ rimant avec vertu^ II, 1804. On peut comparer la forme ennw^, « ennui », enres^istré par Burgass, p. 20.

Consonnes

La contusion de s et de :{ s'est produite p. ex. dans les cas suivants : pais : esbahis 1, i23, pis

I. Cf. E. Langlois, Le Roman de la Rose, Introduction, p. 196 et suiv.

XLIV INTRODUCTION

(pcctus) : pis{pQ]us) 143, las (laquées) : las (interjection) 787 ; hardi^ : tarais II, 2125, païs : haïs 2819.

De la rime mixte sache : ty^ache 95, blance : ^ene fiance 193 on trouve ces deux exemples dans le premier livre, mais aucun dans le second.

Morphologie

L'ancienne déclinaison est en partie conservée. Mais il y a de nombreuses exceptions : chief {: a meschief) I, 930, cestui neveu ioo5, seigneur : greigneur II, 1977 sont des cas sujets du singulier; prelas [\ hé las) I, Ô04, amis (: a mis) II, 1821 sont des cas sujets du pluriel, de même ententis : gentil\ i635 ; d'après l'ancienne déclinaison, ces deux derniers mots ne rimeraient pas ensemble (ententif : gentil) .

A côté de la forme régulière elle (I, 442, II, 1461, 1629, etc.), la forme el est abondamment attestée (I, 449, 477; II, 1397, 1463, 1470, 1476, 1499, i523, 1340, 1643, 1619, 1622, 1627, i63i, 1649, i65o, 2038,2064, 2148,2210, 2660,2661, etc.). Cf. Eggert, p. 394. — Le cas sujet du pluriel du pronom féminin est quelquefois // dans le second livre (1297, 1768).

Le pronom possessif est souvent vo au second livre (i8i5, i83o, 1834, etc., toujours au masculin; le féminin est vostre 1795, 1800). Il n'y en a pas d'exemple au premier livre (iiostre meire 934).

Le pronom démonstratif masculin est celi au

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