V. — LA LAXGUK DU POEME XLV
cas régime : ly (fém.) : a celf (masc.) II, iSgô, dely (fém.) : de cely (masc.) iSgS.
La r*"' pers. sing. du présent de l'indicatif présente souvent Tancienne forme sans e : merveil je 8 1 6,ye conclu i i63,/o.ç bien 1 1 96, je me dont mottlt II, 1723, sr vous siippli, dame 2002, etc.; mais, d'autre part, on a la forme moderne :je regarde : arde (subj.) 365, Je H loe (: contreroe) 2769.
Au second livre, la rime aprenons : noms (cas régime du pluriel) 2289 assure la désinence -ons à la r^ personne du pluriel. La rime gréons : veons i835 ne prouve rien. Dans la rïn\Q félons : celons 1817, félons est cas sujet du pluriel, l'auteur a donc bien pu écrire félon : celon. La forme sans s se trouve dans Tunique rime du premier livre qui entre ici en considération, diron : luiron (cie lire) -qj. Il est vrai que cette rime n'est pas probante; mais il est très probable que Tauteur a connu la forme en -on. Les deux formes se rencontrent dans les documents de l'Ouest (Eggert, p. 400 ; Kuppers, p. 46-7).
La 3*" personne du subjonctif présente quelquefois la forme moderne en e : se Diex me saure (: fauve) I, 219.
L'infinitif correspondant au latin videre est une fois ve'ir (: obéir 452) dans le premier livre seul. Le second a deux fois veoir[: seoir 1839, clieoir igôo).
La mesure des vers
Quand il s'agit d'un texte conservé dans une douzaine de manuscrits, dont plusieurs de basse
xlVi introduction
époque, il est évident qu'on ne peut dire, dans chaque cas particulier, si la forme employée par l'auteur était la forme ancienne, avec la vojelle en hiatus conservée, ou la forme plus moderne, avec la voyelle tombée. Il était, en effet, facile pour un copiste d'établir la forme moderne et d'obtenir, néanmoins, par l'introduction d'un monosyllabe indifférent, un vers correct, de même qu'il a pu arriver que, par Tomission accidentelle d'un mot sans importance dans une copie, un vers semble exiger une forme ancienne là où l'auteur avait employé la forme contractée.
II est toutefois certain que Tauteur se servait surtout des formes où la voyelle en hiatus n'était pas encore tombée, par exemple dans le premier livre : pourveiis : esmeiis 71, treii : veil SqS, meurs 632, deii : seû 663, y^oëlé 470, gàignassent 53 1, preeschier : despeeschier 809 ; dans le second : péissent 1 255, coitneûe 2146, eïir : asseiir 1763, ambleure 223o, traîtresse 2453, méisnie 2765, roonde i3i2. Mais il est probable que l'auteur connaissait aussi les formes contractées, qui se généralisent dans le courant du xiv^ siècle. Il n'emploie que la forme bisyllabique rongier : runge i52o, 1527 (mais probablement rooignent 122). A côté de geiine 2777 ei j'eimer 2413 {A jeûner, eulx et leurs testes), on trouve la forme contractée, déjà courante au xiii'' siècle, juner 1 567 [Juner n'a temps mengier ne surent). Il est probable que l'auteur connaissait aussi les formes modernes dans des cas comme Ne sont pas gourerneurs seûrs 63 1 et A triche7^re\ et a bouleurs 1337. Il est vrai qu'on pourrait rétablir les formes anciennes en lisant, dans le