I. — ANALYSE nu POKME Vil
{1281). Fauvel est vêtu d'un manteau en drap de Turquie qu'Hypocrisie lui a donné; lés franges d'or ont été faites par les mains de Caïn. Il porte sur la tête une couronne dont les pierres ont perdu toute la force que Dieu y avait mise dès que Fauvel les a eues; mais leur beauté est restée. Sur les murs sont peints de petits singes et de petits renards (i335), les chroniques de Fausseté ( i354), toute rhistoire de Renard (iSSy), de décevants sophismes (i3ôo), etc. Le palais est joliment lambrissé de bois d'Irlande (iSyi).
Fauvel est entouré de sa cour, à droite : Charnalité {i388), Convoitise (1466), Avarice (1481), Envie (1491), Détraction (iSoy), Haine (i53i), Rancune (i533), Tristesse (1547), Ire (1549), Paresse (i554), Oisiveté (i555), Vénus (i557), Gloutonnie (i563), Ivresse, Lécherie (i565) ; à gauche : Orgueil (iSyo), Présomption (lôyi), Despit, Indignation (1572), Vaine Cointise, Vantance (i573), Bouban, Outrecuidance (1574), Hypocrisie (1575), Faux-Semblant (ces deux derniers, dit le poète, sont décrits plus en détail dans le Roman de la Rose), Variété (iSgg) ou Inconstance (1608), Doubleté (1609), Lâcheté (i6i3). Ingratitude (1617), Vilenie (i623), Angoisseuse (1643), Barat, Boulerie (1659), Fausart, Tripot, Tricherie (1660), Meurtre, Trahison, Roberie (1661), Parjure, Foi-Mentie(i662), Houlerie (ï665), Hasard (1666), Hérésie, Sodomie (1667).
Fauvel adresse un discours à ses fidèles où il leur fait part de ses projets (1673) : au comble de la grandeur, où Tamis Fortune (1722), il craint l'inconstance dont Fortune a donné tant d'exemples ;
VIII ■ INTRODUCriOX
il voudrait profiter de la faveur qu'elle lui témoigne pour l'épouser; il deviendrait ainsi maître de sa roue (1762), et la fixerait toujours au profit de luimême et des siens.
La cour approuve ce projet (1785). Fauvel ceint son épée, met ses éperons et^ suivi de sa cour, s'en va à Macrocosme (i85 i). C'est là que séjourne Fortune. Elle a deux profils, l'un beau et riant, l'autre affreux ; elle tient à la main deux couronnes : l'une ornée de pierres précieuses qui resplendissent, mais dont plusieurs piquent cruellement ceux qui portent la couronne (1886) ; l'autre, à l'usage des malheureux, est laide à voir, mais elle recèle de petites émeraudes qui réconfortent ceux qui en savent apprécier les vertus (1902). Devant Fortune sont deux grandes roues qui tournent sans cesse, l'une vite, l'autre lentement (igSS); dans chacune d'elles sont agencées deux roues plus petites, animées d'un mouvement contraire. Faire tourner ces roues, sur lesquelles sont échelonnés tous les hommes, est le jeu auquel Fortune se divertit sans cesse (1941). A ses pieds est assise Vaine Gloire (igSS), qui fascine ceux qui parviennent pour un moment au sommet de l'une des roues et les empêche de voir la rapidité du mouvement qui va les faire descendre (i960).
Fauvel se présente et fait sa demande, protestant de Tamour qui le tourmente (2o3o), et alléguant rintérêt même de Fortune, qui doit désirer avoir des héritiers de son pouvoir et de ses richesses (2093). Mais Fortune refuse avec indignation. Dans sa longue réponse (21 17-3 1.85) elle dit que Fauvel, semblable en cela d'ailleurs à tous les hommes