‹ Le roman de Fauvel :Chapitre 4 sur 91 · I. ANALYSE nu POEME IX · texte numérisé non relu

I. ANALYSE nu POEME IX

(2144), ne le connaît pas. Elle est la fille du roi souverain; elle a pour sœur aînée Sapience (2 191). Son père a fait le monde et l'entretient ; il lui a laissé le gouvernement de tout ce qui est mobile et contenu dans le temps (2218). Elle a quatre noms, suivant l'aspect sous lequel on l'envisage : Providence, Destinée, Aventure ou Fortune. Parabole de la demoiselle qui jette du haut d'une tour des galets et des pommes qui blessent les uns et profitent aux autres (2302). Ayant ensuite allégué maints exemples des vicissitudes qu'elle amène par les influences des planètes, auxquelles cependant, en ce qui concerne la moralité, le libre arbitre humain résiste (2395), ayant cité Nabuchodonosor (2355), les Ninivites (2401), Ezéchias (2425) et Boèce (2446), Fortune explique le symbole de ses deux couronnes, dont l'une représente la prospérité avec ses épines secrètes (2626), l'autre le malheur supporté avec résignation (2683), et de ses deux roues, l'une rapide, l'autre lente, avec leurs « contre-roues », qui montrent que dans le plus grand bonheur apparent il y a toujours quelque souffrance cachée, et que la prospérité est sans cesse minée par ce qui doit tôt ou tard la détruire (2786). Il faut aimer, comme venant de Dieu, le sort qu'on a dans ce monde (2867) : c'est le seul moyen de ne pas souffrir de l'instabilité des choses terrestres. L'auteur des Six Principes (2993) a appelé avec raison le monde » macrocosme » et rhomme « microcosme » : l'un comme l'autre est composé de quatre éléments, le chaud, l'humide, le froid et le sec (3oo5), d'où le feu, l'eau, l'air et la terre, et aussi le sang, le fiegme, la « cole » (bile)

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et la mélancolie (3o25). L'homme est flegmatique dans le premier âge, sanguin dans la jeunesse, colérique dans l'âge mûr, mélancolique dans la vieillesse ; de même le monde a commencé par le flegme (3o6o), il est ensuite devenu sanguin au temps de David (3o66), colérique au temps de Jésus -Christ. Mais maintenant le monde est devenu vieux et tout plein de mélancolie (3o8i). Aussi la fin du monde approche ; l'Antéchrist arrive, et Fauvel est son fourrier (3iio). Il a été bien présomptueux de prétendre à épouser la dame Fortune (3 1 3 1 ). Mais, pour qu'il ne s'en aille pas sans emporter une grâce de Fortune, qu'il épouse Vaine Gloire (3i57). Fauvel l'épouse aussitôt de la main gauche (3192). On célèbre les fêtes dans le palais de Fauvel. De cette union naissent d'innombrables « Fauveaus » (322 1). Ils ont envahi et deshonoré les plus beaux pays du monde ; mais il en est un que l'auteur regrette par-dessus tout de voir contaminé : c'est le beau jardin de France, où Dieu planta le lys de royauté et d'autres fleurs précieuses. Là sont venus s'ébattre, pour le gâter, Fauvel et sa famille (325o). Que le lys de Virginité sauve la fieur de lys de France. Ferrant a fini, Fauvel finira aussi, car il ne peut pas vivre toujours (3271). Ce second livre fut fait le 6 décembre i3i4. Le poème finit par une énigme qui donne le nom de Fauteur, Gervais du Bus.

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