XXII PRÉFACE
Cil de rOspitai (t), cil du Temple (2), Car bieo puis faire d'eus exemple.
« Cest le plus moderne des faits historiques par lequel on peut juger du temps où a été fait ce Roman. Tous les autres points de Thistoire moderne semés dans cet ouvrage, s'étendent depuis Fan lioo jusqu*au temps que nous venons de marquer. Jean de Meungétoit jeune lorsqu'il fit cet ouvrage; fl nous en avertit lui-même, en termes généraux, au commencement de son testament :
J'ai fait en ma jonesce maint ôh (3) par vanité. Où maintes gens se sont plusieurs fois délité (4).
Et comme nous trouvons ailleurs que ce fut au sortir de son enfance, nous croyons que ce pouvoit être vers sa vingt-deuxième année. C'est le vrai temps de faire et de pratiquer les romans.
« S'ilest vrai, comme on n'en peut douter, que Jean de Meung a fini son Roman avant 1305, il n'est pas moins certain que GuiHaume de Lorrisest mort vers l'an 1260, cVst-à-dire plus de quarante ans avant que Jean de Meung en entreprit la continuation , sur laquelle il n'aura pas été moins de trois ou quatre ans. Car, quelque facilité que l'on ait, on ne sauroit mettre moins de temps à faire plus de dix-liuit mille vers que contient cette continuation. Voici les paroles mêmes du Roman, sur lesquelles est appuyé le raisonnement que je viens de faire. Il est bon de savoir que c'est le Dieu d'Amour que l'auteur y fait parler en'prophète, vers 10601, etc.
(1) Saint-Jean de Jérusalem.
(2) Templiers.
(3) DU, ouvrage d'esprit.
(4) Délité, ont pria plaisir.