PRÉFACE. XXIII
Puis viendra Jehan Clopinei, Au cuer jolir, au cors isnel (1), Qui neslra sor LoireàMémig....
Cis aura le Romant si chier, Qu'il le Todra tout parfenir (2), Se tens et leu l'en pnet venir :
Car quant GutUaume cessera, Jehan le continuera Après sa mort, que ge ne mente^ Ans trespassés plus de quarente.
» Celui-ci n*est pas seulement ud Roman d'amours, il est encore satirique, il est moral, et peu s'en faut même qu'il ne soit aussi Roman de chevalerie. Mais les exploits militaires, qui n'y entrent que comme des incidents, n'y sont point assez fréquents pour lui donner ce titre ; et c'en est bien assez de contenir de l'amour, de la satire et de la morale.
« Examen de ce Roman, comme Roman cV amours,
« Le projet que l'Amant s'est formé de jouir de la Rose ou du Bouton vermeil, qui est le principe et le but de ses recherches, lui fait écouter et suivre tous les avis du dieu d'amours, toutes les consolations que lui donne son ami , et les moyens qu'une vieille expérience lui fait suggérer. Il cherche à surmonter les obstacles et les périls que l'amour, pour éprouver la constance des amans, sème ordinairement dans leur chemin. Ni les sages conseils de la raison, ni les murmures de la jalousie^ ni les rebuts de tous les ennemis que le destin veut opposer à ses désirs^ rien ne peut l'empêcher de suivre son projet. Plus il voit de difficultés, plus il fait parottre d'ardeur ; les peines
(1) Isnél, dispos.
(2) Achever.