VI PRÉFACE
seule qui existât de l'ancien texte , tel qu'il a été écrit par Guillaume de Lorris et Jean de.Meung; mais cette édition, publiée en 1814., était devenue rare et avait toujours été chère : il y avait donc lieu à la réimprimer en l'améliorant. C'est ce que nous avons fait, en revoyant soigneusement le texte, en conservant certaines des noies de Méon et de Lantin de Damerey, l'un des précédents commentateurs du Roman de la Rose (1), et en ajoutant quelques observations ou éclaircissements. Ceux qui sont dus au système typographique imaginé par M. A. F. Didot pour cet ouvrage, contribueront sûrement à rendre au produit des communs efforts de deux des plus brillants devanciers de Clément Marot, la place que le rifacimento de ce dernier occupait de son temps dans les plus humbles bibliothèques (2).
dernier, Tabbé Goujet, le marquis de Pauimy et le comte de Tressai) ont cherché à faire connaître le Roman de la Rose;- le premier dans Je tome IX de sa Bibliothèque française, le second dans le tome IV des Mélanges tirés cTiuie grande bibliothèque, et le dernier dans la Bibliothèque universelle des romans, volume de mars 1779.
(1) Elles parurent pour la première fois sans nom d*auteur, sous ce titre : Supplément au Glossaire du Roman de la Rose, contenant des notes critiques, historiques et grammaticales, etc. Dijon, 1737, in-12. Le glossaire que Lantin de Damerey s'était proposé de compléter ainsi, est celui de l'abbé Lenglet du Fresnoy, dont l'édition avait paru deux ans auparavant chez la veuve Pissot, en trois volumes in-i2.
(2) Noël du Fait termine ainsi la description d'un intérieur de sa province : « Et sur le dressoiier, ou buffet à deux estages, la saincte Bible de la traduction commandée par le roy Charles le Quint y a
PRÉFACE. vn
Après une épltre dédicatoire au comte Daru, ministre d'État, on trouve, en tête de l'édition de MéoQ, Tavertissement qui suit :
« Le Roman de la Rose est sans contredit le premier ouvrage de poésie en notre langue pour et contre lequel on ait autant écrit. Jean Gersou , chancelier de TUniversité de Paris, a été un de ses plus redoutables adversaires. Indépendamment de ce quUI en a dit dans ses sermons pour les troisième et quatrième dimanches de l'avent, il a fait contre le même ouvrage un Traité assez long, dans lequel, à Timitation de Guillaume de Lorris, il feint d'avoir eu un songe où il fut transporté à la Cour de Chrétienté. Dans le nombre des personnes qui composoient cette Cour, Gerson aperçut Conscience qui tenoit à la main plusieurs requêtes, entre lesquelles s'en trouvoit une de Chasteté qui se plaignoit amèrement, et demandoit que Justice sévit contre les forfaits d*uu certain Fat qui sefaisoit appeler Amant, Après avoir analysé le Roman en huit articles, elle continue sa plainte sur tous les points de Touvrage dans lesquels elle se trouve blessée, et conclut ainsi : Auferaiur ergo liber talis, et exterminetur absque vllo usu in futurum, specialiter autem in his partibus^ in quibus utitur personis infamibus et prohibitis, sicut vetula damnata^ qux judlcari débet ad suppticium pil~ lorii.... Anno gratiœ 14^02, i8 mai (1).
plus de deux cens ans, les Quatre Fils Aymon, Oger le Danois, Meilusine, le Calendrier des Bergers, la Légende dorée, ou le Romant de ta Roze. m {Les Contes et Discours (PEutrapel ^eic, A Rennes, 15S6, in-8% folio 123 recto.)
(1) « Qu'un tel livre soit donc supprimé cl anéanti pour jamais, surtout dans les endroits oii Fauteur met en scène des personnages