PRÉFACE. XXV
« La satire répandue dans ce Roman,
» La satire ne règne pas moins dans ce Boroan que Tamour; peut-être même y est-elle plus sagement traitée que cette passion. Tantôt elle roule sur les défauts du sexe, qu'il exagère un peu trop vivement, et en des termes qui lui ont été justement reprochés : quelquefois il en veut à cette inégalité de conduite que tiennent les amans avant et après leur mariage : une autre fois il attaque la licence des cloîtres , où la chasteté même n'étoit pas en sûreté; et dirai-je que, vivant sous la puissance royale, il se hasarde jusqu'à faire une peinture assez hardie delà manière dont les peuples se sont donné des rois? Après donc avoir parlé de la vie simple et naturelle des premiers hommes, il fait voir les dissensions et les maux qu'ont apportés la propriété et le partage des biens. Voici ce qu'il en dit au vers 963â :
La terre mëismes partirent (1), Et au partir (2) boneâ (3) i mirent ; £t quant les bones i meloient, Mainte fois s^enlre-combatoieut, Et se toliirent (4) ce qu'il porent; Li plus fors les greignors pars orenf.
Et au vers 9645 :
Lors convint que l'en esgardast Aucun qui les loges gardast, Et qui les ninufaitors préist, El droii as plaintifz en feist,
(1) Partagèrent.
(2) Dans le partage.
(3) Bornes.
(4) Enlevèrent.