XXVIII PREFACE
quitté quelquefois sans le connoitre ; soit que dans ces grands corps il se fourre, sans qu*on ie puisse empêcher, des hommes nés pour y faire fleurir le règne de l'hypocrisie, c'étoit déjà ce qu'on y reraarquoit le plus. C'est donc là le personnage que représente ici Faux-Semblant; et comme s'il étoit de l'ordre public que ces gens-là se mêlassent de tout , Faux-Semblant s'avisa de se trouver à l'armée que le Dieu d'Amours avoit assemblée pour assiéger le château de Jalousie. C'est donc dans les entretiens qu'il eut avec ce Dieu , qu'il fit parottre tout son savoir. Voici ce que l'auteur lui fait dire, vers 11073 et 11879 :
Ge mains (1) avec les orgiii Iléus, Les veziés (2), les ariilleus (3), Qui mondaines honors convoitent.
Et les gransbesoignos exploitent.
Et vont traçant les grans pitances, Et porchacent les acoin tances Des poissans homnnes et les sivent, Et se font povre, et si se vivent De bons morciaus délicieus, Et boivent les vins précieus; Et la povreté vont prescliant, El les grans richeces pescliant....
Et tous jors povres nous faignons, ■ Mes comment que nous nous plaignons, Nous sommes, ce vous fais savoir, Cil qui tout ont sans riens avoir.
« Voici ce qui caractérise encore plus ces sortes de gens, et fait voir précisément que le poète en veut à ceux qui,
(1) Je demeure.
(?) Rusés, trompeurs.
;(3) AcUncieux.