‹ Le Roman de la RoseChapitre 24 sur 51 · XXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE

le firent exiler : moyen que prend ordinairement l'esprit d'erreur, qui n'a de ressource que dans ces voies de fait, toujours odieuses aux amateurs de la vérité.

Oa estre banis du roiaume

A tort, cum fu meslre Guillaume

De Saint-Amor, qu'Ypocrisie

Fifit essilier par grant enYie. (v. 1 1702.)

« C'est ce que dit Jean de Meung, qui nous a peint d'une manière admirable , dans tout cet article de son Roman , la politique des moines et des gens de communauté ; et c'est par malheur la même politique que nous voyons subsister encore aujourd'hui. Ce point a paru si important à son auteur, il regarda si peu sa censure comme une vivacité de jeunesse, que, parvenu avec Tâge à des sentimens plus sérieux^ il ne laisse pas d'insister toujours sur cet article , comme essentiel à l'ordre et à la j[$olice de TEglise. 1 1 sentoi t bien cependant que ni des satires piquantes, ni des censures autorisées , ni des écrits solides , ne ramènent point au centre de leurs devoirs ces sortes de gens, toujours avides , toujours intéressés. Il semble désespérer de les voir jamais revenir au point fixe de la vérité; et nous-mêmes sentons, après quatre siècles et plus, combien il avoit raison de le penser ; cependant il sait rendre justice au peu de bonnes âmes qui se trouvent parmi eux :

L'en trueve bien entr'eus mainte bonne personne, Qui ne se me.sferoient por Rains ne por Peronne ; Ains prenent en bon gré tout ce que Diex leur donne, Et leur poise (1) et ennuie quant nul ist hors de bonne (2).

[Testament, vers UGl.)

(1) Pèse.

(2) Sort des bornes.

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