‹ Le Roman de la RoseChapitre 26 sur 51 · PRÉFACE. XXXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXIII

quées, mais pensées délicatement , feroient encore honneur à ceux qui les exprimeroient aujourd*hui avec cette sage et noble élégance qui leur est propre. Est-il rien dans Fantique et première simplicité de notre langue de plus ingénieusement, de plus sagement pensé que ce qu*il dit de la justice que la Richesse se rend à elle-même du cœur des avares, et de la vengeance qu'elle en tire; de ce que, malgré sa nature, qui est de se communiquer à plusieurs, î^s ne laissent pas de la resserrer dans une étroite et dure captivité (v. 5199)?

As richeces font grant ledure (1) Quant il lor tolent (2) lor nature.

Lor nature est que doivent corre, Por la gent aidier et secorre, Sans estre si fort enserrées ; A ce les a Diex aprestées :

Or les ont en prison repostes (3).

Mes les richeces de tex hostes, Qui miex, selonc lor destinées, Déussent être traînées, S'en vengent honorablement ; Car après eus honteusement Les traînent, sachent (4) et hercent (5}, De trois glaives le cuer lor percent :

Li premier est travail d'aquerre ; Li second qui le cuer lor serre.

C'est paor qu^en n'es tôle ou emble (6) Quant il les ont mises ensemble, ^ Dont il s'esmaient sans cessier ;

(1) Déshonneur.

(2) Enlèvent.

(3) Cachées.

(4) Tirent avec secousse,

(5) Brisent.

(6) lùïlève.

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