‹ Le Roman de la RoseChapitre 30 sur 51 · XXXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PRÉFACE

« lorsquMls furent copiés^ hormis la rime des vers aux- «( quels ils ne purent donner aucun ordre. Voire y trouve verez-vous je ne sçay quoy du ramage de ceux qui en <' furent copistes ; je veux dire de leur picard, normand , «( cliampcnois , qui sont choses auxquelles le lecteur doit « avoir égard, premier que d'y interposer son jugement. »

a Mais ces changements ne parurent sensibles qu'au commencement du quinzième siècle. Notre langue ayant pris alors plus de perfection et de politesse qu'elle n*en avoit auparavant, on aperçut aisément la différence d'un ouvrage fait à la fin du treizième siècle , d'avec le même ouvrage écrit au commencement du quinzième. Et ce fut vers ce temps- là que se firent les premières corrections du Roman de la Rose , soit en éloignant des termes qui commençoient à n'être plus du bel usage , soit en réformant l'orthographe qultenoit encore quelque chose de la langue germanique , pour prendre celle que nous avons aujourd'hui, qui s'est maintenue avec assez d'uniformité depuis trois cents ans. Tout le quinzième siècle apporta peu de changements à notre langue : ainsi le Roman ne souffrit dans ce temps aucune altération sensible; mais le renouvellement des lettres, et plus que tout cela, lesDames^ qui commencèrent à primer à la Cour sous Louis XII et François I, produisirent un changement merveilleux dans notre langue. On s'accommoda, pour le tour et l'arrangement, à la délicatesse de leurs oreilles ; on exila derechef tout ce qui portoit avec soi quelque sorte de rudesse; on chercha même de nouveaux mots et de nouvelles façons de parler plus douces et plus gracieuses que les antiques, pour les substituer à la place de celles que l'on mettoit hors de rang.

« Ce fut vers ce temps que parurent les premières éditions

Page 1