PREFACE. XXXIX
du Roman de la Rose, et Timpression occasionna la deuxième correction que Ton s'avisa d'y faire. Ainsi les premiers imprimés, qui sont, tous en caractères gothiques, ne différent que très-peu des dernjers manuscrits du quinzième siècle ; mais la différence est sensible avec ceux du quatorzième, parce qu'il y eut de l'une à Tautre une double correction.
« Ce livre ayant repris vigueur sous le règne de François I, Clément Marot, qui étoit le bel esprit banal de la Cour, prit la résolution de le réimprimer. Il le fit en 1527, avec des changements si considérables, que cela fut moins pris pour une correction que pour une véritable altération d'un texte qu'il auroit dû respecter. Dans la pensée donc de lui donner un tour plus françois, il hasarda d'en refaire beaucoup de vers, d'eu ajouter quelques-uns , d'insérer des gloses dans le texte, enfin d'en faire comme de son propre ouvrage; hardiesse que Pasquier, quoique ami de Marot, ne put s'empêcher de regarder depuis comme une témérité condamnable. Cette édition parut d'abord in-folio, en caractères gothiques, l'an 1527, et depuis on l'a réimprimée en 1529. Cette dernière édition, qui est de Galliot du Pré , est la seule que l'on ait faite en caractères romains, ou lettres rondes. Jean Longis réimprima ce livre pour la troisième fois, mais toujours également corrompu. Cette troisième édition, qui est de l'an 1 537, se fit en caractères gothiques, comme toutes celles qui a voient paru avant 1529 (i) ; et depuis ce temps l'avidité des libraires ne leur a pas même fait naître l'envie de le publier de nouveau,
(1) On peut voir la description de ces éditions et d'autres, pins on moins rares et recherchées, dans le Manuel du libraire de M. Brnnet, publié par MM. Firmin Didot, tom. III, 2® part., col. 4 170-1177, art. Lorris (Guill. de).