‹ Le Roman de la RoseChapitre 45 sur 51 · TU · texte numérisé non relu

TU

M*oyez .

(I) CiupiAus DE FLORS. C'étoit UDc guirlande oa couronne qu*on mettoit sur la tête : on en couroonoit quelquefois le vainqueur, comme firent les dames à Naples au roi Charles YIII, lorsqu'elles lui mirent une couronne de violette, et le baisèrent ensuite comme le champion de leur honneur.

Les couronnes s'introduisirent dans les festins, avec la mollesse et la volupté : on en mettoil aux bouteilles et aux verres. Les convives en prenoient à la fin du repas, et c'étoit le symbole de la débauche.

248 LE ROMAN (v, siss.)

Aumosnières ou crespinetes,

Ou autres joélés * petis, * Joyaux.

Cointes et biaus et bien fetis*, * Gentils,

Se vous en avés l'aisement, .

Sans vous mètre à destruiement*, *San9 vous ruiner,

Por apésier lor présentés.

Des maus après vous démentes*, * Lamentez.

A, mesure que le luxe s'accrut, on raffina sur la matière des couronnes ; elles étoient dans les commencements de feuilles d'arbres; on ies fit de roses dans la suite, puis de laine fine, et enfin d*argent et d*or.

Les grands seigneurs en France, et les chevaliers qui avoient quelque réputation, portoient des chapelets de perles sur la tôte. Voilà l'origine des couronnes dont on timbre aujourd'hui les armoiries : prérogaUve interdite aux roturiers par les ordonnances.

C'est de la figure de ces chapelets de perles que nos rosaires et nos chapelets ont pris leur nom, parce quMls ressemblent à une guirlande, suivant la remarque de Borel.

On lit dans le Roman de Lancelot : « Qu'il ne fut jour que Lancelot, « ou hiver ou esté, n'eust au matin un chapeau de fresches roses^sur la teste, « fors seulement au vendredi et aux vigilles des haulles festes, et tant que « le luiresme duroit. » Peu de personnes s'aviseroient aujourd'hui de chercher le mérite de la mortification dans une pareille abslinence.

Guillaume /le Lor ris, parlant de Déduit, dit que

Li ot s'ainie fet chapel

De roses, qui moult 11 sist bel. (V. 833.)

Ici Jean de Meung recommande de donner des chapeaux de fleurs, pour se rendre favorables les geôliers de Bel-Acueil.

C'est sans doute de ce bon vieux temps dont parle Clément Marot» Rondeau du Siècle antique :

Oix un bouquet donné d'amour profonde, C'estoit donné toute la terre ronde.

Alors, comme le remarque Coquillart dans ses Droits nouveaux :

On aimoit pour un tabouret.

Pour un esplnglier de velours , Sans plus, pour un petit touret.

Il en coûtoit peu en ce temps-là pour donner à sa maîtresse des marques de galanterie,

Car seulement au cœur on se prenoit,

comme le dit Marot au rondeau déjà cité. (L. D. D.)

Et du travail et de la paine Qu'Amors vous fait, qui là vous maine ; Et se vous De poés doner, Par promesse estuet* sermoner.

Prometés fort sans délaier*, Comment qu'il aille du paier * ; Jurés fort et la foi bailliés, Ains que conclus vous en ailliés.

Si lor priés qu'il vous secorent ; Et se vos iex devant eus plorent.

Ce vous iert* moult grant avantage :

Plorés, si ferés trop que sage (1) ; Devant eus vous agenoilliés Jointes mains, et vos iex moilliés De chaudes lermes en la place, Qui vous coulent aval la face (2), Si quMl les voient bien chéoir :

C'est moult grant pitié à véoir, Lermes ne sont pas despiteuses * (3) Méismement as gens piteuses*.

Et se vous ne poés plorer, Covertement, sans demorer, De vostre salive prengniés, Ou jus d'oignoDS, et les prengoiés* , Ou d'aus, ou d'autres liquors maintes

* Il faut.

* Tarder,

* Quoi qu'il en soit du payement.

Sera,

* Méprisables,

* Compatissantes.

Imprégnez.

(1) Fac madidas videat, si potes, illa gênas.

(OviD., Art. amand,, 660.)

(2) Interdum lacrymœ pondéra vods habent.

(OviD., Epist, ex Pont., lib, III, I. car. 158.)

(3) Yolci encore un des conseils d'Ovide, pour tromper les femmes trop crédules :

£t la^rîmœ prosunt ; lacrimis adamanta movebis :

Fac madidas videaty si potes, illa gênas.

Si lacrknœ {neque enim veniunt in tempare semper)

Dejiciuntf uda lumina tange manu.

(OviD., Art. am., lib. /, v. 659.) (L. D. D.>

Dont vos paupières soient ointes :

S'ainsinc le faites, vous plorrés Toutes les fois que vous vorrés*.

Ainsinc Tout fait maint bouléor*, Qui puis furent fin améor*, Qui les dames soloient* prendre As las* que lor voioient tendre.

Tant que par lor miséricorde Lor estassent du col la corde.

Et maint par tel barat* plorèrent Qui onques par amors n^amèrent ; JAins décevoient les puceles Par tiex plors et par tiex faveles*.

Lermes les cuers de tiex gens sachent*, Mes* que, sans plus, barat n*i sachent ; Mes se vostre barat savoient, James de vous merci'" n'auroient.

Crier merci seroit néans, James n^entreriés léans*.

Et s'a eus ne poés aler, Faites-i par aucun parler Qui soit messagiers convenables, Par vois, par letres, ou par tables*, Mes jâ n'i metés propre non ; Jà cil n'i soit, se celé non*.

Celé resoit * cil apelée, La chose en iert* trop miex celée.

Cil soit dame, celé soit sires :

Ainsinc escrivés vos martires; Car mains amans ont décéu Maint larron (1) parTescrit léu; Li amant en sunt encusé, '^ Et li déduit d'amors rusé*.

* Voudrez.

* Trompeurs,

* Amants.

^Avaient coutume de.

* Lacs.

Tromperie.

*Tels contes.

* Tirent.

* Pourvu.

* Miséricorde.

* Là dedans.

* Tablettes.

* Que celui-là n* y soit, si ce n'est celle-là.'

* Soit à son tour.

*Sera.

Refusé.

(1) Je n*ai troavé dans aucuD des manuscrits que f ai consultés, le mot baron, qui se lit dans toutes les éditions de cet ouvrage. (Mêon.)

Mes en enfans ne vous 6és, Car TOUS sériés conchiés * :

Il ne sunt pas bon messagier ; Tous jors vuelent enfant ragier, Gengler*, ou monstrer ce qu'il portent As traïtors qui les enortent^ ; Ou font nicement^ ior message, Por ce qu'il ne sunt mie sage; Tout seroit tantost publié , Se moult n'estoient vezié*.

Cis portier, c'est chose séure, Sunt de si piteuse^ nature.

Que se vos dous daignent reçoivre, Il ne vous vodront pas déçoivre*.

Sachiés que recéus serés Après les dons que vous ferés.

Puis qu il prenent, c'est chose faite, Car si cum li loirres afaite*, Por venir au soir et au main*, Le gentirespervier à main, Ainsinc sunt afaitié * par dons A doner grâces et pardons LÀ portier as fins amoreus :

Tuit se rendent vaincus par eus.

Et s'il avient que les truissiés* Si orguilleus, que n'es* puissiés Fléchir par dons ne par prières, Par plors, ne par autres manières , Ains vous regietent tuit arrière Par durs fais, par parole fière.

Et vous lédengent* durement, < Partes- vous-en cortoisement, Et les lessiés en ce sain*.

Onques fromage de gaain Miex ne se cuit qu'il se cuiront :

* Honni, confondu.

* Bavarder.

* Exhortent,

* iSiaisement.

* Avisés.

* Compatissante.

* Décevoir,

* Cest ainsi que le leurre

dispose.

* Matin.

* Apprivoisés,

* Trouviez, *Ne les.

* Maltraitent.

* Saine, Jîlet.

Par vostre fuite se duiront* Maintes fois à vous enchaucier* ; Ce vous porra moult avancier.

Vilain cuer sunt de tel fierté :

Cil qui plus les ont en chierté *, Plus Jes prient et mains les prisent, Plus les servent, plus les desprisent* ; Mes quant il sunt de gens lessié , Tost ont ior orguel abessié.

Ceus qu'il desprisoient, Ior plèsent, Lors se doutent, lors se rapèsent , Qu'il* ne Ior est pas bel, mais lait Moult durement, quant on les lait*.

Li mariniers qui par mer nage*, Cerchant mainte terre sauvage , Tout regarde-il à une estoile, Ne queurt-il pas tous jors d'un voile; Ains le treschange* moult souvent Por eschever * tempeste et vent ; Ausinc cuers qui d'amer ne cesse, Ne queurt pas tous jors d'une lesse*.

• Or doit cbacier, or doit foïr.

Qui vuet de bone amor joïr.

D'autre part, c'est bien plaine chose, Ge ne vous i métrai jà glose; Ou texte vous poés lier. *' Bon fait ces trois portiers prier :

Car nule riens cil n'i puet perdre Qui se vuet au prier aerdre*,^ Combien qu'il soient bobgncier*, »

Et si se puet bien avancier ; Prier les puet séurement.

Car il sera certainement Ou refusé ou recéu.

N'en puet gaire estre décéu

* s* attacheront , se plai" vont.

* Poursuivre.

* Cetix qui plus les ont çhera.

Méprisent.

*Car il,

* Lmsse.

* Navigue.

* Mais le change.

"Esquiver.

"Ne court pas toujottrs d'un trait.

* Attacher.

* Fanfarons.

Kiens n'i perdent li refusé, Fors tant cum * il i ont musé ; Ne jà cil roaugré * n'en sauront A cens qui prié les auront, Ains leur sauront bon gré nais* Quant les auront boutés laïs*; Qu'il n'est nus tant fel ^ qui les oie, Qui n'en ait à son cuer grant joie ; Et se pensent trestuit taisant Qu'or sunt-il preus, bel et plesant, Et qu*il ont toutes teches* bones , Quant requis sunt de tex* persones, Comment qu'il aille du noier"^, Ou d'escuser, ou d'otroier.

S'il suntrecéu, bien le soient, Donques ont-il ce qu'il quéroient"*; Et se tant lor meschiet* qu'il faillent, Tuit franc* et tuit quite s'en aillent :

C'est li faillirs envis* possibles, Tant est noviaus délis * peisibles.

Mes ne soient pas coustumier De dire as portiers au premier I Qu'il se vuelent d'eus acointer * Por la flor du rosier oster ; Mes par amor loial et fine De nete pensée entérine*.

Sachiés qu'il sunt trestuit doutable * , Ce poés-vous croire sans fable ; Por qu'il soit qui bien les requière, Jà n'en sera bouté* arrière ; Nus n'i doit estre refusés.

Mes se de mon conseil usés, Jà d'eus prier ne vous penés *, Se la chose à fin ne menés; Car espoir* se vaincu n'estoient,

KOMAfi DE 1.4 noSE. — T. I.

*5i ce n*est autant que,

* Mauvais gré,

* Naturel,

* Mis de côté,

* Car il n*est nul si dur.

* Qualités,

* Telles,

* Quoi qu*il en soit de nier.

* Cherchaient,

* Arrive malheur.

* Libres*

* Malgré eux.

* Jouissance.

Se lier avec eux.

* Entière,

* A craindre.

* Poussé,

* Ne prenez la peine.

* Peut-être.

^ D'estre prié se vanteroient; Mes jà puis ne s'en vanteront, Que du fait parçouie r* seront.

Et si sunt tuit de tel manière , Combien qu'il facent fière chière^, Que se requis avant n'estoient, Certainement il requerroient, Et se doneroient por noiant *, Qui si n'es iroit asproiant*.

Mes li chétis sermonéor, Et li fol large donéor Si forment* les enorguillissent, Que lor roses lor enchiérissent :

Si se cuident faire avantage, Mes il font lor cruel domage ; Car trestout por noient * eussent, Se jà requeste n'en méusseot *, Por quoi chascuns autel* féist Que nus avant n'es* requéist; Et s'il se vosissent loier% Il en eussent bon loier *, Se trestuit à ce se méissent Que tiex convenances * féissent, Que jamès nus n'es* sermonast , Ne por noiant * ne se donast, Ains lessast, por eus miex mestir* , As portiers lor roses flestir *.

Mes por riens bons ne me pleroit, Qui de son cors marphié feroit.

S'il ne me devroit mie plaire.

Au mains por tel besoingne faire ; Mes onques por ce n'atendés.

Requérés-les, et lor tendes Les las * por vostre proie prendre ; Car vous porriés tant atendre,

* Complices.

* Mine,

* yéani rien,

"Si an ne les rudoyait pas ainsi. ' —

^Fortement.

* Tout pour Heu,

* S'ils n'en fissent la demande.

* Pareillement.

*Pie les,

* Foulussent lier,

* Récompense.

* Telles conventions.

* Ne les,

* Néant y rien,

* Mater f vaincre,

* Flétrir, i^» ^^~*^

*l4acSt lacets.

Que tost s'i porroient embatre*, Ou un, ou deus, ou trois, ou quatre; Voire cinquante-deus douzaines , Dedans cinquante-deus semaines :

Tost seroient aillors torné, Se trop aviés séjorné.

En vis* à tens i vendriés, Por ce que trop atendriés; Ne lo* que nus bons tant atende Que famé s'amor li demande :

i/'Car trop en sa biauté se fie, ? Qui atent que famé le prie; Et quiconques vuet comencier, Por tost sa besoigne avancier, N'ait jà paor qu'eJe le fiere*, Tant soit orguilleuse ne fière, Et que sa nef à port ne vengne *, Por que sagement ne contengne.

Ainsinc, compains, esploiterés * Quant as portiers venus serés ; Mes quant correciés* les verres, , Jà de ce ne les requerrés.

j Espiés-les eu lor léesce*, ' Jà n'es requérés en tristesce, Se la tristesce n'estoit née De Jalousie la desvée*, Qui por vous les éust batus.

Dont coucrous s'i fust embatus^.

Et se poés à ce venir Qu'à privé les puissiés tenir.

Que li leus soit si convenans Que n'i doutés* les sorvenans, Et Bel-Acuel soit eschapés.

Qui por vous est ore entrapés*, Quant Bel Acael fait vous aura

'Engager.

* Regret»

* Je ne suis pas d*avi8.

* Frappe.

* rienne.

* Ainsi ^ compagnon^ vous vous comporterez.

* Courroucés. ^ - "^"t * -*

Liesse i bonne humeur.

* Folle.

*Mélé.

Que VOUS n^y redoutiez.

* Est maintenant dans le piège.

Si biau semblant cum il saura, (Car moult set gens bel acuellir, ) Lors devés la Rose cuejlir.

Tout véés-vous néis* Dangier Qui vous acuelle à lédangier*, Ou que Honte et Paor en groucent *, Mes que faintement* s'en corroucent, Et que laschement se desfendent^ Qu'en desfendant vaincu se rendent, Si cum* lors vous porra sembler; Tout véés-vous Paor trembler.

Honte rougir, Dangier frémir, Ou tous c«s trois plaindre et gémir :

JNe prisiés trestout une escorce.

Cueilles la Rose tout à force, Et monstres que vous estes hon"^.

Quant leus iert*, et tens et sèson; Car riens ne lor porroit tant plaire Cum tel force, qui la set faire.

Car maintes fois sunt coustumièrès ( D'avoir si diverses manières, Qu'il vuelent par force doner Ce qu'il n'osent abandoner; . Et faingnent que lor soit tolu* Ce que souffert ont et voulu.

Et sachiés que dolent* seroient, Se par tel desfence eschapoient , Quelque léesce* qu'en féissent; Si dout* que ne vous en haïssent.

Tant en seroient correcié, Combien qu'en eussent groucié *.

Mes se par paroles apertes* Les véés correcier à certes*.

Et viguereusement desfendre.

Vous n'i devés jà la main tendre ;

* Maltraiter,

* Grondent,

* Faiblement.

* Ainsi que.

* Homme, *Sera,

* Enlevé, ravi.

* Chagrins.

* Bonne humeur.

* Et je crains.

* Grondé,

* Claires,

* Certainement.

Mes toutefois pris vous rendes, Merci criant, et atendés Jusques cil trois portier s'en aillent , Qui si vous griévent* et travaillent ; Et Bel-Acuel tous seus remaingne*, i. Qui tout abandoner vous daingne.

Ainsinc vers eus vous contenés, Cum preus et vaillans et sénés*.

De Bel-Acuel vous prènés garde Par quel semblant il vous regarde.

Comment que soit, ne de quel chière*; Conformés -vous à sa manière :

S*ele est ancienne et meure, Vous métrés toute vostre cure* En vous tenir méurement; '

Et s'il se contient nicement*, Nicement vous recontenés.

De lui ensivre* vous penés (1) :

S'il est liés, faites chière lie", S'il est correctes, corrocie ; S'il rit, ries; plorés, s'il plore :

Ainsinc vous tenés chacune bore. .

Ce qu'il amera, si amés.

Ce qu'il blasmera, si blasmés.

Et loés quanqu'il* loera; Moult plus en vous s'en fiera.

Cuidiés* que dame à cuer vaillant Aint* un garçon fol et saillant Qui s'en ira par nuit resver, Ausinc cum s'il déust desver *, Et chantera dès mienuit,

* Chagrinent , tourmentent.

* Seul reste.

Sensé.

* Figure f mine.

*Soin,

* Sottement.

* Suivre,

* Bonne figure y

*Tout ce quHl.

*Croyez''Vous, *Aime (subj.).

* Devenir /ou.

(I) Arguet, argaito ; qoidqoid probat illa, probato : Quod dicet, dicas;qaod negat illa, npges.

Riserit? arride : si flebit, flere mémento.

(OviD., ^rt. am» lib. H, v. 199.)

Cui qu'il soit bel, ne cui qu'anuit *?

Ele en craindroit estre blasmée.

Et vil tenue, et diffamée.

Tex amors sunt tantost séues , Qu'il les fléutent* par les rues; Ne lor chaut gaires qui le sache ; Fox est qui son cuer i atache.

Et s'uns sages d'amors parole * A une damoisele foie , S'il li fait semblant d'estre sages, Jà là ne toKra ses corages*.

Ne pensés jà qu'il i aviengne, Por quoi sagement se contiengne.

Face ses meurs as siens onis^, Ou autrement il iert* bonis; Qu'el cuide qu'il soit uns lobierres*, Uns regnars, uns enfantosmieres* Tantost la ché{ive le laisse, Et prent un autre où moult s'abaisse ; Le vaillant homme arrière boute ^, Et prent le pire de la route * :

Là norrit ses amors^ et couve Tout autresinc çum* faitja louve, €ui* sa folie tant empire , Qu'el prent des lous trestout le pire.

Se Bel-Acuel poés trover, Que vous puissiés o li joer (l) As eschiés, as dés, ou as tables.

* .4 qui qu'il plaise où qu'il soit désag fiable.

* Car il» les trompettent.

* Et si un sage parle d'a^ mour.

*'Là ne tournera nullement sa pensée.

* Unies, à l'unisson des siennes.

* Usera.

* Trompeur.

* Enchanteur,

* Repousse.

* Troupe.

*Tout ainsi que.

* A qui.

(i) Seu ludet, numerosqae manu jactabit ebarnos , Tu maie jactato, tu maie jacta dalo.

Seu jacies talos, victam pe pœna sequatur, Damoosi facito stent Ubi saepe canes :

Sive latrocinil sub imagine calculus ibil, Fac pereat vitro miles ab hoste tuus.

(OviD., /4rl. am. iib. IT,v. 203.)

Ou à autres gieus délitabies*, Du gieu adès* le pis aies,

v/ Tous jors au dessous en soies.

Au gieu dont vous entremetrés, Perdes quanque* vous i métrés ; Prengne des gieus la seignorie, De vos pertes se gabe* et rie.

Loés toutes ses cootenaoces Et ses ators et ses semblances, Et serves de vostre pooir; Néis* quaut se devra seoir, Aportés-Ii quarré ou sele :

Miex en vaudra vostre querele.

Se poutie* poés véoir (1) Sor H de quelque part chéoir, Ostés-li tantost la poutie , Néis* s'ele n'i estoit mie; Ou se sa robe trop s'empoudre,

^ Soulevés-la li de la poudre; Briément faites en toute place Quanque* vous pensés qui li place**. S'ainsinc le faites, n*en doutés^ Jà n'en serés arrier boutés*, Ains * vendrés à vostre propos, Tout ausinc cum ge le propos.

* Délectables.

* Toujours.

*Tout ce que.

*Se raille.

* Même,

* Ordure,

Même.

'Tout ce que. Plaise

* Repoussé.

* Au contraire.

Gomment l'Amant monstre à Amis Devant lui ses trois ennemis, Et dit que tost le temps viendra Qu'au juge d'eulx se complaindra.

Dous amis, qu'est-ce que vous dites ?

!Nus bons* y s'il a'est faus ypocrites,

* Nul homme.

(I) Utque tit, in gremium pulvis si forte paellœ Deciderit, digUis excaUendus erit; Etf si nullus erit pulvis, tamen excute nuUum.

(OviD., Art, am, lib. I, carm. 149.)

* Ditiblerie.

*Plus grande.

* réritablemerU.

* Mortel.

* Frai,

* J*ai Vhahitude de les défier auparavant.

Avant qu*ainsi.

Ne feroit ceste déablie* :

Odc De fu greigoor * establie.

Vous volés que j'oneure et serve Ceste gent qui est fauce et serve ?

Serf sunt-il et faus voirement*, Fors Bel-Acuel tant solemeut.

Vostre consel est-il or tiex*?

Traïstres seroie mortiex *, Se servoie por décevoir :

Car bien puis dire de ce voir*, Quant ge voil les gens espier, Ge les suel avant desfier*.

Souffres au mains que ge desfie Male-Bouche qui si m'espie, Ains qu'ainsinc* Taille décevant, - Ou li prie que de ce vent Qu'il m'a levé, que il Tabate, Ou il convient que ge le bâte ; Ou, s'il li plaist, qu'il le m'amende*.

Ou g'en prendrai par moi Tamende ; Ou, s'il ne vuet. que ge m'en plaingne Au juge qui l'amende en preingne.

Compains*, compains, ce doivent querre** * Compagnon.** chercher. Cil qui sunt en aperte* guerre ; * Ouverte.

Mes Male-Bouche est trop couvers, Il n'est mie anemis ouvers.

Car quant il het ou home ou famé , Par derrier le blasme et diffame.

Traïstres est, Diex le honisse !

S[r'est* drois que l'en le traïsse. *Etii est à' son tour.

D'ome traïstre g'en di fi ; l Puisqu'il n'a foi, point ne m'i fi.

11 het les gens ou cuer dedens,

*rL..*.

QuHl me dédommage.

Et lor rit de bouche et de dens.

Onques tex homs ne m'abeli*, De moi se gart*, et ge de li.

Drois est qui à traïr s'amprt* , Qu'il ait par traïson sa mort , Se l'en ne s'en puet autrement Vengier plus honorablement; Et se de li vous volés plaindre, Li cuidiés-vous sa gengle* estaindre?

N'el porriés espoir * prover, Ne soffisans garans trover ; Et se provés Taviés ores* , Ne se teroit-il pas encores.

Se plus provés, plus janglera*, Plus i perdrés qu'il ne fera -.

S'en iert"" la chose plus séue, Et vostre honte plus créue ; Car tex cuide* abessier sa honte , Ou vengier, qui l'acroist et monte.

De prier que soit abatus Cil blasmes, ou qu'il soit batus, Jà voir* por ce ne Fabatroit, Non par Dieu point, qui le batroit.

Ateudre qu'il le vous ament* Noient* seroit, se Diex m'ament.

Jà voir * amende n'en prendroie, Bien Toffrist, ains li pardonroie; Et s'il i a desliement, Sor sains* vous jur que vraiement Bel-Acuel iert* mis es aniaus, Ars * eu feu, ou noies en iaus , Ou sera si fort enserrés*, Qu'espoir* jamès rfe le verres.

Lors aurés le cuer plus dolant Qu'onques Karles* n'ot por Rolant,

* Me plut.

*Qu*il se garde,

* S* attache.

* Lui croyez-vous son bavardage.

* Peut-être.

* Maintenant,

* Bavardera.

* Et en sera.

*Tel croit.

* Fraiment.

*Qu*il vous dédommage.

* Néant ^ rien.

* Fraiment.

*Sur reliques.

* Sera.

* Brûlé.

* Enfermé.

* Que peut-être.

* Charlemagne.

Quant en Ronceval mort reçut Par Guenelon, qui les déçut.

VAmanU

Ice ne vois-ge pas quérant, Or voise'', au déable le rant; Ce le vodroie avoir pendu , Qui si m'a mon p^yre espandu.

Amis.

Compains, ne tous chaille* du pendre, Autre vcnjance en convient prendre :

]\e vous afGert pas tex* offices, Bien en conviengne à ces justices ; I Mes par traïson le boules *, Se mon consel croire voulés.

U Amant.

y Compains, à ce consel m'acort*, Jà n'istrai mes* de cest acort; Neporquant* se vous séussiés A.ucun art dont vous péussiés Controver* aucune manière Du chastel prendre plus légière, Ce la vodroie bien entendre , Se la me voliés aprendre.

Amis.

Oïl, un chemin bel et gent, Mes il n'est preus* à povre gent.

Compains, au chastel desconfire, Puet-Fen bien plus bjpîef* voie eslire Sans mon art et sans ma doctrine.

Et rompre jusqu'en la racine

* Maintenant quHl s^en aille.

* Compagnon fHe vous embarrassez p<is.

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