X . PRÉFACE
Ne Toos Teil faire greigneur prose, Car en eus nul bien ne repose ; Et qui en vcust savoir la glose, Si Yoist au Romans de la Rose.
« On pourroit dire de cet ouvrage que sa grande réputation lui a été nuisible, parce que tous ceux qui furent chargés de le copier, se permirent d*y faire tous les changements qui leur passèrent par Timagination ; et je crois qu'il seroit impossible d'en rencontrer deux manuscrits dont le texte fût exactement le même, malgré le grand nombre qui en a été fait. Bayle (article Ossat) se plaint de ces changements que les copistes ou éditeurs se permettoient, et à cette occasion il rapporte ce qu'en a dit Pasquier au livre viij de ses Recherches.
« Enfin Clément Marot, pendant sa détention dans les prisons de Chartres^ en 1526, lui porta les derniers coups en rajeunissant tous les mots surannés de son temps , ainsi qu'il Tannonce lui-même dans sa préface, qu'on trouvera ci-après à la suite de celle de Lenglet du Fresnoy. C'est son texte, à peu près, qui nous a été donné dans les éditions qui ont paru depuis 1527, les précédentes n'ayant
éprouvé de changements que de la part des éditeurs (l) :
(1) J^ai trouvé quatorze éditions différentes de ce Roman, si on peut s'en rapporter aux descriptions des catalogues. (Méon.)
J^ajouterai que le prix de ces anciennes éditions est inabordable. Celui de l'exemplaire sur vélin aclieté par la Bibliotiièque du roi (voy. le catalogue de Van Praet, t. lY, p. 162) à la vente Mac Carthy, et payé 620 francs, n'a rien qui doive étonner : M. A. Firmin Didot en a bien acquis un semblable pour le prix de 4,000 f. ; mais, dans les dernières ventes, des exemplaires sur papier de IVdition de Galliot du Pré ont été adjugés : vente Chenest, 395 f . ; Cailliava, 400 francs; Cliapona} (en 1863), 850, et d'Auteuil (en 1864), SOO francs.