PREFACE. XIII
fanes. On peut donc fixer Tépoque de la mort de Guillaume de Lorris vers 1260, ainsi qu'on l*a fait jusqu'à présent.
f' Quant à'Jean de Meun, il étoit issu d'une famille trèsancienne, originaire de la\ille de Meun sur Loire, dont il existe des titres du commencement du douzième siècle. D. Jean Verninat, dans son Histoire d'Orléans, fait mention de beaucoup d'actes et de donations par les de Meung, seigneurs de la Ferté-Âbremi, depuis Tan llOO. Dans la généalogie de cette famille, faite par M. d'Hozier, on trouve-qu^en 1239, Landucy de Meung, fils de noble et puissant seigneur monseigneur Tboedun, comte de Meung, épousa Agnès, fille de Gourdin de la Ferté, seigneur d'Aïlosse, etc.
« La Roque , dans son Traité du Ban, rapporte qu'en 1 236, un Jean de Meung devoit se trouver au ban du Boi, à Saint-Germain-fn-Làye, à trois semaines de la Pentecôte. En 1242, le même Jean de Meung (peut-être le père de notre Poète) fut semont à Chinon, le lende< main des octaves de Pâques, pour aller sur la comté de la Marche. Je pourrois citer encore plusieurs individus de la même famille ayant le nom de Jean ; mais mon intention n'étant pas de faire une généalogie, je pen^e qu'il suffira, pour prouver ce que j'avance, de rapporter ce que Jean de Meun dit de lui-même dans son Testament :
Diex m'a trait sans reprociie de jonesce et d*enfanc6, Diex m*a par maint perilz conduit sans meschéance, Diex m'a donné au miex honneur et granl clievance, Diex m'a donné servir les plus grans gens de France.
<t On voit dans ces vers qu'il avoit de la fortune, et qu'il
avolt été attaché aux premières personnes de la Cour.