XIV PRÉFACE
Honoré Bonnet, prieur de Salon, dans son Apparition de Jean de Meunçy le représente avec le costume des personnes de qualité de ce temps-là , bien fouré de menu vair; il dit que le jardin de la Tournelle lui a voit appartenu, et que c*est là qu'il a voit fait le Roman de la Rose. On trouve dans l'Histoire de Paris, par Felibien, sous la date de 1313, que Jean de Meun avoit^ dans l'arrondissement de la paroisse Saint-Benoit, une maison devant laquelle il y avoit un puits.
« Cet Auteur, que Moreri et tous les biographes font naître en 1279 ou 1280, avoit déjà traduit, en 1284, TArt Militaire de Végèce pour Jehan de Brienne , premier du nom, qui, en 1252, succéda à Marie sa mère, dans le comté d'Eu, pendant qu'il étoit avec S. Louis dans la Palestine. « Là le Roi, dit Joinville, fit le comte d'Eu chevaa lier, qui estoit encore ung jeune jouvencel. » Il mourut à Clermonten Beauvoisis, en 1294.
« Si, en 1284, Jean de Meun avoit déjà traduit Végèce, ainsi que le prouvent plusieurs manuscrits du temps , on doit supposer qu'à cette époque il avoit au moins 25 ou 30 ans, et qu'il étoit né vers le milieu du treizième siècle (l) : alors on ne pourroit dire, comme l'a fait Lenglet du Fresnoy dans sa préface , qu'il étoit dans sa jeunesse lorsqu'il entreprit la continuation du Roman de la Rose. Les vers qu'il cite du Testament peuvent très-bien se rapporter à des ouvrages de poésie légère, qui ne sont pas venus jusqu'à nous, et dont il n'a pas cru devoir faire mention dans la dédicace qu'il fit à Philippe le Bel de sa traduction de Boëce. S'il y a relaté le Roman de la Rose
(1) Jehan Le Maire de Belges a eu raison de dire, dans son Temple de Vénus, que Jehan de Meungétoil contemporain de Dante, né en 1265.