Épilogue
Huit mois se sont écoulés depuis la mort d'Elvire.
Lamartine a appris, dans l'intervalle, par Aymon de Virieu qui a vu M. Charles et M™^ de Drée, tous les détails de l'agonie de son amie. 11 est entré en possession du crucifix qu'elle a embrassé en mourant, et ce symbole « deux fois saint » lui a inspiré des vers immortels (91). — 11 souffre horriblement de la tête et du cœur, mais, en dépit de son accablement et de ses douleurs physiques, il s'est remis à travailler. Il espère vaincre ainsi « les idées fixes et sans fond où le cerveau se brise. » — 11 avait entrepris, du vivant de M"'^ Charles, une tragédie de Saïd qu'il comptait lui dédier. Il s'y est attelé et ne la quitte plus. Le 23 janvier il en a déjà fait un acte ; le
6 février il en a fait trois et il écrit à Aymon de Virieu : « Sans mon cœur, je finirais cela d'une haleine, mais il faudrait m'enterrer après et je souffre trop en écrivant. » Le 16 avril, Savl était complètement terminé. Depuis trois jours, il le copiait sur les cahiers de vélin hlanc, s'ouvrant à l'italienne, que Virieu lui avait achetés chez le papetier de M™® Charles. Il était très content de son cinquième acte qui n'était pas (( usé sur le théâtre ». — Le 1®^ mai — comme il l'avait prévu — il expédiait son manuscrit à Paris. 11 n'y avait plus qu'à faire jouer Saïd. C'est à quoi Virieu allait s'employer de toutes ses forces. En attendant, Lamartine lui envoyait la dédicace de cette tragédie :
DÉDICACE DE SAÙL