‹ Le roman de LamartineChapitre 5 sur 23 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

j'écrivis ce livre à moitié vrai, à moitié faux, intitulé Raphaël. Le public se sentit trompé et m'abandonna. Je l'avais mérité : la passion est belle, mais c'est à la condition d'être sincère. Il en est ainsi du Lys dans la vallée. Ou renoncez à peindre l'amour, ou sacrifiez-le à la vertu. » (4)

Qu'entendait-il par là? Quelle était la part exacte du vrai et du faux dans le roman de Raphaël? Personne ne s'en préoccupa sur l'heure, pour cette excellente raison qu'on ne savait rien encore de l'héroïne de ce roman. Mais quand elle fut démasquée par la publication de ses lettres à Lamartine, quand j'eus démontré aux gens de bonne foi que ce violent amour était demeuré pur, de par la seule volonté de M'"« Charles, les partisans de la faute s'emparèrent de ce passage en disant : Eahemus coîifitentem! — Eh bien, non, mes chers confrères, il n'y a dans ces lignes aucun aveu, même tacite, et je vais vous prouver que vous ne les avez pas comprises. (5)

Et d'abord, Lamartine a cent fois raison de dire qu'un roman, pour donner l'impression du vrai, — car, tout est là, en matière d'art, — ne doit pas commencer dans un sens et finir dans un autre,

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