‹ Le roman de LamartineChapitre 7 sur 23 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

mélancolie en fut l'origine ; il se nourrit d'elle, il en vécut et il en mourut sans s'être jamais rassasié... Mon père et ma mère étaient dans une grande gêne domestique alors ; il m'aurait été impossible d'aggraver leurs charges en y ajoutant le poids d'une pension nécessaire pour me faire vivre à Paris... Peut-être aussi ma profonde tristesse, ma vie retirée, mon silence enveloppé de mystère, leur laissaient-ils deviner un attachement dont Us ne ponvaient connaître la pureté... » (6)

J'espère qu'après cela la cause est entendue.

Mais alors, me dira-t-on, quelle est la partie fausse du roman de Raphaël? — 11 n'est pas besoin d'être très perspicace pour la découvrir. Elle est presque tout entière dans le rôle invraisemblable que Lamartine fait jouer au mari de Julie. Au lieu de nous le donner comme un vieillard impotent qui la traita toujours comme sa fille et, loin d'en être jaloux, lui aurait plutôt cherché des adorateurs, s'il nous avait dit qu'il était encore très vert, à cinquante-huit ans, quand il l'épousa en justes noces, qu'il la prit sans un sou vaillant et quasi orpheline, et qu'il

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