PROLOG LE
la combla de biens, de faveurs et d'égards, personne assurément n'aurait trouvé extraordinaire qu'elle lui fût demeurée fidèle. Ce n'est pas la première fois, en effet, qu'on rencontre une jeune femme maladive éprise d'un mari beaucoup plus âgé qu'elle, et mettant son honneur à respecter son nom et ses cheveux blancs. Sans compter que la femme mariée, qui résiste au jeune homme qui lui fait la cour, uniquement par le sentiment du devoir, est autrement intéressante que celle qui lui laisse entendre qu'elle voudrait bien se donner, mais qu'elle n'ose se déshabiller devant lui, dans l'état de maigreur où la maladie l'a mise, de peur de lui causer une trop vive désillusion!...
Je passe sur les autres invraisemblances : elles ne sont rien auprès de celle-là, et le lecteur les verra sans peine en comparant ma version avec celle de Lamartine. Je me suis attaché à dégager l'histoire vraie du roman et je n'ai retenu du livre de Raphaël que ce qui pouvait être vérifié ou ce qui cadrait avec mes découvertes et celles d'autrui. Encore ai-je eu bien soin d'éclairer certaines figures que Lamartine avait laissées dans