LES AMOURS DE JACQUES
Mon premier romaa publié, j'en avais tout de suite commencé un autre, dont trois cents pages environ étaient écrites quand l'éditeur Michel Lévy me les demanda pour les communiquer à Buloz, le directeur de la Revue des Deux-Mondes :
— Il veut voir ce que vous faites, ajoula-t-il.
— Pour me demander de faire autre chose, sans doute.
Ma réplique était partie un peu vite ; je l'expliquai après avoir remercié Michel Lévy de son intervention :
— Quand, pour mes Amants^ vous avez, par peur d'un procès, exigé des suppressions, je n'ai pas hésité à reprendre mon manuscrit, bien que je ne visse pas du tout ce que j'en ferais, où je le placerais, et même si je le placerais jamais; et pendant des mois j'ai couru tous les éditeurs de Paris, acceptant d'interminables attentes, comptant les jours après les jours pour recevoir des réponses qui n'arrivaient jamais. Et cependant il ne s'agissait que de coupures, qui pour ennuyeuses qu'elles