Élomire hypocondre ; acte IV, scène ii
3. C'est h\ que descendaient les messagers de Lyon. (Voy. Œuvres de Flécîiier ; t. X, p. ?39, et Palaprat, t. II, p. 3o2.)
4. Il était au carrefour Buci et par conséquent tout près de la foire Saint-Germain.
leur fortune meilleure. Tristan l'Hermite , un des hommes en renom dans le théâtre de ce temps-là, qui devait être favorable aux efforts de Molière et de son associée , car son frère, l'Hermite de Vauzelles*, était de leur troupe en qualité d'acteur et d'auteur, et la femme de son autre frère, l'Hermite de Souliers, était parente de la Eéjard ^j Tristan fit jouer, à la fin de 1644, une tragédie de la MortdeSéncque, où celle-ci semble avoir eu son plus beau succès. L'avait-il composée pour V Illustre théâtre? Je ne saurais en. répondre; mais toujours est-il que la pièce dont Mohère pouvait donner des représentations en concurrence avec le théâtre pour lequel elle avait pu être écrite, jusqu'à l'époque de son impression, qui n'eut lieu que l'année suivante, fut jouée certainement par les acteurs du jeu de paume de la Croix-Blanche. Tallemant, parlant de la Béjard, dit positivement : ce Son chef-d'œuvre , c'estoit le rôle
1 . C'est à lui qu'on doit les curieuses notes du Page disgracié, roman de son frère, qui est toute une autobiographie.
2. Elle s'appelait Marie Courtinde la Dehors et ctait, par les Porcher, parente de la Bûjard .^Descente gâicalogique, etc., p. 8).
d'Epicharis , à qui Néron vcnoit de faire donner la question. » Or, je ne vois pas d'autre pièce que celle de Tristan à laquelle cette mention puisse convenir. Ce fut une bonne fortune pour le petit théâtre; dès lors il eut vraiment son rang; on ne craignit plus de dire qu'on en faisait partie et qu'on y donnait des pièces. L'année suivante , Jean Magnon y fait représenter sa tragi-comédie (TArtaxerce , la plus supportable de celles qu'il a faites, peut-être parce que Molière, moins auteur et moins comédien alors que donneur d'avis sur le jeu des acteurs et le mérite des pièces ', aura bien voulu y mettre la main. Quoi qu'il en soit, par reconnaissance pour les bons conseils de Molière ou par condescendance pour une troupe dont il eût été désormais injuste de faire fi, Magnon voulut bien mentionner au frontispice de sa pièce le théâtre qui l'avait jouée. Il y fit généreusement imprimer: Représentée sur Villustre théâtre. Cette bonne fortune, qu'il faut estimer à sa vraie valeur pour les comédiens de la Croix-Blanche, dont l'histoire,
I . Tallemant t. \'II, p. i 77", dit qu'avant de se mettre de la troupe Molière se contentait d'en être le conseiller.
sans cette mention, manquerait de preuve contemporaine, fut suivie d'une autre l'an d'après.
Dans les derniers mois de 1646, le duc de Guise, prêt à partir pour Rome, où l'appelait l'affaire de son divorce avec la comtesse de Bossut, avait, soit par fantaisie, soit par pressentiment qu'il ne reviendrait pas de longtemps, mis tous ses meubles en vente ^ et fait une libérale distribution de ses habits « aux comédiens de toutes les troupes. » .
V Illustre théâtre ne fut pas oublié, grand honneur pour lui, puisqu'il semblait être ainsi posé, dans les faveurs de l'un des seigneurs les plus puissants et les plus éclairés, sur le même pied que les matamores de l'hôtel de Bourgogne et les orgueilleux du Marais. Des strophes, faites par un comédien qui n'avait pas eu la même fortune , et publiées presque aussitôt dans un Recueil du libraire Toussaint Du Bray % ne laissent aucun doute sur la part accordée dans ce magnifique présent de M. de Guise à la Béjard, à Charles Beys, l'auteur-acteur, qui, peu de jours après, eut sans doute engagé et bu son lot dans ce bu-