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heurs d'Alceste avec Célimène. L'École des femmes, je ne saurais trop le dire, est le commencement de l'histoire de ses amours vrais, et d'autant plus malheureux.
Il est si bien, dans cette pièce, au cœur de ses propres aventures, que ce qui le préoccupait dans la vie l'y préoccupe de même. Il fait .planer sur la naissance d'Agnès le mystère qui planait sur la naissance d'Armande; et bien plus, comme l'énigme ne trouve pas son mot tant cherché, il continue dans ses autres pièces ce roman des naissances mystérieuses.
Nous le retrouvons dans les Fourberies de Scapin; nous le retrouvons aussi dans VAvare, où Marianne attend un père inconnu qui •lui arrive au dénoûment, et d'où? De Naples même , comme M. de Modène, qui par malheur n'était pas le père d'Armande, n'avait pas qualité pour faire, lui aussi, un dénoûment. Elle ignora toujours quel était son père, mais n'en fut pas plus malheureuse.
Il lui resta sa mère, qui lui fit, par son testament, des avantages après lesquels il n'est plus permis de douter de sa maternité ^ Il lui
I. Un extrait de ce testament se trouve dans les mss. de Beffara, t. III, p. 1 16. On y apprend que i'exé-
— d8 — resta surtout Molière, dont l'amour et les soins furent inépuisables , et qui ne cessa de lui prodiguer en bonheur ce qu'elle lui rendit en infortune.
La Béjard ne trouva pas non plus la fin de son roman. M. de Modène ne l'épousa pas; mais il prouva qu'il aurait pu l'épouser sans croire déroger. En 1 666, en effet ^, il prit pour femme quelqu'un de l'intimité de la Béjard, de sa famille même : mademoiselle de l'Hermite, dont la mère s'était fait, en Normandie, fabricante de verroterie *, et qui, suivant
cuteur testamentaire était Mignard, le peintre, ancien ami de la famille, et que la légataire universelle, du moins pour l'usufruit des biens, était Armande. A l'acte se trouve annexé un pouvoir donné par Molière à sa femme, pour qu'elle puisse se présenter comme héritière. Elle ne manqua pas d'user de son droit. M. Fortià d'Urban a publié d'elle une lettre relative à une ferme située dans le Comtat et qui faisait partie de rhéritage. Armande s'y pose nettement en seule et unique propriétaire. {Lettres sur la femme de Molière, p. 1 53.)— Les notaires qui reçurent le testament de la Béjard étaient Ogier et Mouffle. Le premier, de même qu'un autre notaire, M Gigault, qui fit des actes pour Molière, notamment son testament, tenait à sa famille par les Cressé. Nous le prouverons.