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un chandelier^ brûlé, ii livres. » Ailleurs, le nom seul de la personne secourue et la nature du secours sont mentionnés : « Habit fait par charité àlapetiteDuclos,27liv., los.^
1. C'est ainsi, sans doute, qu'on appelait le pauvre diable qui avait cet emploi de Moucheiir de cJiayidelles que nous avons vu exercer chez Molière, en province, par l'ex-pâtissier Ragueneau. Il y en avait deux dans chaque troupe ; ils étaient dans celle de Molière sous les ordres du décorateur Mathieu. « Ils doivent, dit Chapuzeau, parlant de leur emploi, s'en acquitter promptement, pour ne pas faire languir l'audi-teur entre les actes, et avec propreté, pour ne pas lui donner de mauvaise odeur. L'un mouche le devant et l'autre le fond, et surtout ils ont l'œil que le feu ne prenne pas aux toiles. » [Théâtre frauçois, chapitre des Bas ojîcicrs, p. 237.)
2. Ce détail sur le prix d'un costume est inte'rcssant. On en trouve d'autres du même genre dans le Registre de La Thorillière : « 29 juin i663, une chemise jaune de 1 "habit de Georgette (l'École des femmes], 7 livres.
— i" juillet, pour l'habit nouveau de Georgette, 9 livres.
— () juillet^ pour un reste de l'habit de Geergctte, I livre 5 sols.— 24 août 16G4, M. de Molière, pour l'habit de madame Pernelle, 46 livres 10 sols. » Dernier fait, dont, en son lieu, nous ferons ressortir l'importance . —Molière avait une garde-robe considérable et très-variée. L'inventaire sans doute le prouvera. Dans la seule pièce des Fâcheux, par exemple, où il représentait tous les types à ridiculiser, il jouait sept rôles, et avait par conséquent sept costumes. Outre cela, dit
—A M. Rouan pour la petite Chasteauncuf, 60 liv., à quoi la compagnie s'était obligée. »
Ce que nous allons maintenant extraire du Registre de La Grange aura trait surtout à la fortune de Molière , et aux sommes qu'il reçut comme auteur et comme acteur.
Il y a trois ans^, un de nos bons recueils, le
Robinet, parlant d'une représentation de cette pièce^ sous la date du 18 août 1668 :
Outre cela, sous sept habits,
Ce brave auteur, le sieur Molière,
Joua de façon singulière.
Barillon, nous l'avons dit plus haut, était le tailleur de la troupe, surtout pour les ballets. Ainsij pour celui du Mariage forcé, il fit vingt-cinq habits et reçut Sig livres. Mais Molière avait son tailleur particulier auquel nous le voyons payer une somme assez ronde, le 18 novembre 1670, pour les habits qui lui avaient servi aux divertissements de Saint-Germain, dans le carnaval préce'dent (V. Catal. d'autogr., i3 janvier 1854, p. 94). Il avait attendu, pour payer, les 12,000 livres que lui valurent de la part du roi, ce voyage et celui de Chambord au mois d'octobre de la même année.
Magasin pittoresque ^, s'en est déjà occupé, en puisant à la même source. Nous reprendrons les mêmes faits, et nous en ajouterons quelques autres d'origine pareille ou différente.
Les droits d'auteur n'étaient pas, il s'en faut de beaucoup, réglés comme aujourd'hui. Le plus souvent, on donnait un prix convenu pour une tragédie ou pour une comédie, et la pièce appartenait aux comédiens -.
On lit, par exemple, dans le Registre, à la date du 4 mars i665 : a attila, tragédie de Pierre Corneille, pour laquelle on lui donna 2,000 livres, prix fait. » Pour Bérénice^ qui fut aussi jouée par la troupe de Molière^ il
i.T. XXVIII, p. 278-280.
2. « Quelquefois, lit-on dans le Théâtre françois de Chapuzeau (p. 86), les comédiens payent Touvrage comptant, jusqu'à 200 pistoles et au delà, en le prenant des mains de l'auteur et au hazard du succès; » Seulement, les comédiens, déjà prudents, ne couraient volontiers ce hasard qu'à coup sûr. Chapuzeau le sut par lui-même. Ayant fait une comédie, le Riche impertinent, il ne put la vendre un prix fait. On la lui joua, mais avec simple part sur la recette. Elle fat donnée huit fois et lui rapporta 220 livres 10 sols. Nous prouverons tout à l'heure que, pour les auteurs dont on pouvait douter, même pour Racine à ses commencements, on ne procédait pas d'autre sorte.
reçut la même somme en 1670 : a Le 28 novembre, dit encore La Grange, Bérénice^ de Pierre Corneille, dont on lui a payé, prix fait, 2,000 livres *. »
Ces sommes payées ne s'appelaient pas alors droits d'auteurs^ vm^is présents àtscovcvéd'iQns aux auteurs. Cela était plus poli et engageait moin-. Les choses se passaient du reste comme pour un présent galant. On ne vous disait pas brutalement : « Passez à la caisse » ; mais, très-poliment on vous mettait dans la main la somme convenue, renfermée dans une jolie bourse. Ainsi nous lisons dans le Registre^ à je ne sais plus quelle date de l'année 1662 : « La troupe a donné à M . Boyer, pour la tragédie de Tofiaxare^ 100 demi-louis dans une bourse brodée d'or et d'argent. » Comme le louis était alors de 1 1 livres et le demi-louis, par conséquent, de 5 livres 10 sous, les 100 demilouis donnés à- Claude Boyer formaient une somme de 55o livres. C'était bien moins que pour la Bérénice de Corneille , mais c'était encore trop pour cette pièce qui, jouée Tannée d'après sous le titre de Orospate ou le Faux Tonaxare, n'obtint pas le moindre succès.