Elle aimoit extrêmement la de'pense, ■> lit-on
fracas de rire et de gaieté^ tandis que lui , réfugié plus haut dans son cabinet, cherchant, pour son noir chagrin, le coin sombre d'Alceste, il tâchait de s'échapper à lui-même par le travail, la lecture ou la conversation de ses amis. Il n'y parvenait pas, sa pein^ le suivait toujours. Chacune de ses oeuvres nouvelles en apportait un écho; et, s'il était avec ses amis, sa tristesse était telle qu'ils le provoquaient toujours à quelque confidence où son cœur pût se soulager en s'épanchant
Un jour qu'il était à sa maison d'Auteuil , Chapelle le surprit en cet état d'esprit; il le fit parler, et leur entretien, répété à l'auteur de la Fameuse Comédienne^, est devenu la page la plus curieuse et la plus authentique en même temps de ce livre, d'ailleurs suspect. Molière ouvre là tout son cœur :
(c Je suis né , dit-il à son ami, avec la dernière disposition à la tendresse, et comme tous mes efforts n'ont pu vaincre les penchants que j'avois à l'amour, j'ai cherché à me rendre heureux, c'est-à-dire autant qu'on peut l'être
dans la Fameuse Comédienne, p. 1 2 . Nous verrons, dans le chapitre sur \?l fortune de Molière, quel e'tait le luxe de leur appartement.