I. Amour de l'or
et sa littérature. Quelques lambeaux de dialogue, à peine nuancés d'une légère teinte d'anglicanisme, qu'il glissa dans ses pièces, suffiraient à le prouver, si les emprunts qu'il fit à nos vieux livres n'en étaient une preuve encore plus sûre. Il connaissait Rabelais : dans une scène de Comme il vous plaira, il le cite, et dans une autre il le pille ^
Les Essais de Montaigne avaient à peine paru qu'il les lisait déjà et y prenait son bien. Une partie du chapitre du livre I" sur les Cannibales passait dans la huitième scène de la Tempête. Reste à décider s'il s'était servi de la traduction de Florio, dont on sait qu'il possédait un exemplaire, ou s'il avait traduit lui-même. Quelques différences de texte me font pencher pour cette dernière opinion*.
Je suis aussi d'avis que Shakspeare lut dans le texte même du Recueil des histoires tragiques de Belforest, et non dans une version anglaise, cette fameuse histoire cinquième, dont il a fait son chef-d'œuvre : Hamlet. Vous connaissez le drame; voici le titre du