RENARD BAT LES ENFANTS D'YSENGRIN
roux, le puant, a fait de vous à sa volonté! Vous m'avez couvert de honte !
Et la colère l’étouffait, il grinçait des dents, il hurlait, son poil se hérissait, il roulait des yeux hagards.
Hersent, toute tremblante de peur devant la colère de son époux, dit :
— Sire, c’est à tort que vous vous courroucez. Ces enfants ont mal vu, mal entendu. Renard est venu, c’est vrai, mais c'était à dessein de vous voir. Je l'ai reçu, puisqu'il est votre neveu, en toute honnêteté. Je jure que je suis innocente | Que l’on me pende, que l’on me brûle, si je ne dis la vérité |
Alors la colère d’Ysengrin tomba. Il n'était pas encore bien sûr qu'Hersent ne le trompât pas, mais il fut assez sage pour le croire. |
Cependant il se rappela que Renard lui avait fait perdre la queue, que toutes ses entreprises avec son neveu avaient mal fini pour lui loup, tandis que lui Renard s’en tirait sauf, avec bon butin le plus souvent ; il commença à comprendre qu'il avait toujours été trompé, moqué, bafoué, et il ne se calma tout à fait que lorsque dame Hersent lui eut juré qu'elle ne laisserait plus Renard entrer à la maison et qu'elle lui ferait tout le mal qu’elle pourrait, si elle le rencontrait au dehors.
Un jour, dans une plaine, passait un Prêtre. Il portait une boîte pleine d’oublies et marchait à travers champs. Il rencontra une haie qu'il lui fallut franchir, et tandis qu’il la franchissait à grand'peine, la boîte d’oublies tomba sans qu'il s’en aperçût.
Renard, furetant par là, trouva la boîte, la prit et l’'emporta dans un endroit écarté où il savait que personne ne viendrait le déranger. |
« Voyons, maintenant, dit-il, ce qu’il ya là-dedans. »
Il ouvrit la boîte où il y avait un bon cent d’oublies, pour le moins. Il les mangea toutes, sauf quatre qu'il emporta, pliées en deux dans sa bouche, pour Hermeline et ses enfants.
Et tout à coup, s’en venant sur le chemin, il vit Primaut devant lui. Il ne l'avait pas vu depuis qu’il l'avait fait si durement houspiller par les marchands de poissons. Il ne fut pas très rassuré quand il le vit. Mais Primaut n'avait pas compris la malice de Renard en cette affaire. Les coups qu'il avait reçus, il les avait reçus comme coups de mauvaise fortune — aussi les avait-il oubliés — et il salua Renard :
— Renard, sois le bienvenu !
— Primaut, que Dieu vous bénisse !
— D'où viens-tu, Renard ? et où vas-tu si vite ?
— Je vais chanter à l’église qui est de l’autre côté du bois, — Ah! moi je cherche quelque chose à manger. Mais que portes-tu là ?
— Des gâteaux, dit Renard, de beaux et bons gâteaux d'église.
— Des gâteaux ! où les as-tu pris ?
— Ah! voilà ! je les ai pris où ils étaient.
— Cher ami, donne-les-moi !
= Très volontiers, Très volontiers même vous les donnerais s'ils m'avaient coûté cinq cents livres.
Renard gracieusement donna les oublies à Primaut qui les trouva très bonnes.
—- Renard, dit-il, où les as-tu prises ? En as-tu encote ?
— Je les ai prises près d’ici, dans une église, mais je n'en ai plus.
— Elles sont très bonnes, dit Primaut, j'en mangerais bien encore si j'en avais, car J'ai grand'faim. Aujourd’hui je n'ai rien mangé, ni pain, ni viande, ni poisson — rien ! Le cœur va rhe manquer bientôt.
— Venez, dit Renard, venez avec moi, nous irons dans l’église où j'ai pris celles-ci. Il en reste plus qu'il n’en faut pour apaiser votre faim. Vous en aurez autant que vous en voudrez.
— Renard, tu me sauvés la vie.
— Par mon chef ! vous en aurez ! et nargue du Prêtre | L'église est tout près d’ici — allez devant, jé vous suivrai.
Et les voilà partis, Primaut dévant, Renard derrière.
Ils arrivèrent à l’église dont était desservant le Prêtre qui
avait laissé tomber la boîte d’oublies. Avec les mains, avec les pieds, ils creusèrent un trou sous la porte et ils entrèrent.
Sous une serviette blanche, ils trouvèrent un gros tas d'oublies, Primaut les mangea toutes et dit :
— Renard, ce manger ne me vautrien — plus j'en mange, plus j'ai faim. Mais je vois une huche ; ouvrons-la, peut-être y trouverons-nous quelque chose.
— Ouvrons-la ! dit Renard.
Primaut, avec toute sa force, eut peine à briser le loquet. Dans le coffre ils trouvèrent pain et vin, et chair et poisson que le prêtre y avait mis.
— Ah! Ah! dit Primaut, maintenant nous avons à manger, Dieu merci ! Etends ici la nappe qui est sur l’autel, apporte le sel, nous allons avaler tout cela. C’est Dieu qui nous l'envoie |
Ils tirèrent de la -huche le pain, le vin, la viande, s’assirent par terre et mangèrent. Îls avaient assez de quoi !
-— Primaut, fit Renard, versez le vin et buvons !
— Buvons ! dit Primaut, il y a bien à boire pour trois !
Primaut but de si bon cœur qu’il eut bientôt la cervelle en ébullition. Renard lui dit :
— Ami ! nous ne buvons pas assez ! Allons ! buvons ! pour être joyeux et contents.
— Je bois! mais toi, Renard, bois donc aussi ! Allons ! verse !
— Buvons ! Primaut ! vous ne buvez pas ! Etes-vous déjà fatigué de boire ! Moi je bois !
— Je bois plus que toi, Renard !
— Oh ! dit Renard, je bois beaucoup plus que vous. Voyons qui videra le plus vite son hanap !
— Renard ! penses-tu me battre en beuverie ? Non ! non! Vide ce hanap que tu tiens, CHÈRE et passe-le-moi — jusqu'à demain je te ferai raison.
Renard faisait semblant de boire, maïs laissait couler tout son vin entre ses pattes. L'autre qui n'avait plus le cerveau d’aplomb, ne s’apercevait de rien.
Renard remplissait toujours le hanap, « et Primaut le vidait toujours. Maintenant ses yeux brillaient comme des braises et il croyait être Noble, le roi Lion. Et toujours Renard, avec une mine joyeuse, lui versait à boire, et toujours il buvait, tant qu’enfin il perdit tout à fait la tête.
— Renard, fit-il, c’est Dieu qui nous a amenés ici et qui nous a servi ce bon souper. Je veux maintenant chanter Ia messe. Vois ! on a préparé pour moi, sur l'autel, les vêtements et le missel. En mon enfance j’ai appris à chanter et à lire, tu vas voir qu'on ne peut pas faire mieux.
Renard, bien content qu’il fût si sot, lui dit:
— Vous savez que nul ne doit chanter à l'autel s’il n’est pas ordonné prêtre, ou pour le moins, couronné moine !
— C'est vrai, tu as raison, mais cela ne m'empêchera pas de chanter. Dis-moi qui pourrait me couronner ? Je veux faire mon salut, je veux chanter vêpres, vigiles et messe avant de m'en aller d'ici. Dis-moi qui pourrait me couronner ?
— Si j'avais un rasoir, dit Renard, je vous couronnerais, et puis je vous mettrais l’étole au cou et vous octroierais le
Co LE ROMAN DE RENARD
droit de chanter. Vous n’auriez pas besoin d’Evêque POUF être couronné — j'ai été Prêtre autrefois.
Primaut se leva et s’en alla, titubant, par l’église. Il chantait, il s’appuyait aux murs et butait contre les piliers. Renard furetait partout et finit par trouver, derrière l’autel de Monseigneur Saint Jacques, une armoire. Dans l’armoire il y avaitun rasoir afhilé, des ciseaux et un bassin de cuivre.
— Primaut, dit Renard, Dieu ne fait que votre volonté aujourd'hui ! Il ne s'occupe que de vous ! Voilà tous les outils dont nous avons besoin — de bons ciseaux, un bon rasoir et un bassin. Il ne nous manque que de l’eau.
Primaut qui ne comprenait plus grand’chose à ce que lui racontait Renard, ne disait rien. |
Renard, sans que Primaut le vît, alla sous la tour, jusqu'aux fonts baptismaux. Le couvercle en était té, il y puisa un plein bassin, et revenant, le montrant à Primaut, dit :
— Dieu nous 2 envoyé de l’eau ! Il à encore exaucé votre souhait !
— Renard ! tu vois ! Dieu veut que je le serve ! Et je le servirai sans tarder. Viens vite me faire ma couronne!
— Volontiers ! je vois que Dieu le veut !
Primaut s’assit par terre, ne dit plus mot, ne bougea plus. Renard lui versa de l’eau sur la tête et le rasa — une belle couronne jusqu'aux oreilles ! Quand ce fut fini il dit :
— Primaut, remerciez-moi de vous avoir couronné !
— Je te remercie. Suis-je vraiment couronné ?
— Oui, et si vousne me croyez, tâtez-y |
Primaut passa la main sur sa couronne. Il la trouva grande
LA MESSE DE PRIMAUT 6x
et large, avec un peu de poil encore, de place en place.
— Par ma tête ! s’écria-t-il joyeusement, me voilà prêtre, et bon prêtre | ne tardons plus à chanter messe |
— Attendez ! bel ami ! il faut d'abord sonner les cloches — on nedoit pas messe chanter sans avoir d’abord sonné les cloches. Sonnez-les donc ! |
— C'est vrai ! dit Primaut, je vais sonner d'abord, et puis après je chanterai.
I] saisit les cordes des cloches et sonna de toutes ses forces, à carillon, à glas, à la volée, Et Renard, se tenant le ventre de rire, disait :
— Àh ! Ah ! oui ! tirez les cordes, tirez ! tirez !
— Je tire, disait Primaut, je tire ! jamais tonsuré n’a si bien sonné !
— Bel ami, tirez les deux cordes ensemble, sonnez plus fort ! que j'entende aussi cette petite cloche ! Tirez fort | tirez |
Qui l’aurait vu tirer, tirer, à grand effort tirer, n'aurait pu s'empêcher de rire, même si l’on fût venu lui dire que l’on mettait son père en bière. Enfin Renard lui cria :
— Ami | arrêtez-vous | c'est assez ! vous sonnez trop | Arrêtez-vous !
— Je m'arrête !
Et Primaût s'élança vers l’autel. Renard l’aida à revêtir l’aube et l’amict, lui donna la ceinture, le manipule, l’étole. I] riait en dedans de lui-même et pensait:
« Tu seras bien plus joyeux tout à l’heure, quand on te bâtonnera les reins ! »
Enfin Primaut endossa la chasuble, caressa de la main sa
grande et large tonsure, monta à l'autel, ouvrit le missel et se mit à tourner les feuillets.
Renard, craignant male aventure, ne voulut rester plus longtemps. Il sortit vite par où il était entré avec Primaut, et boucha le trou en y remettant la terrequ'’ils avaient rejetée en arrière.
Primaut, dans l’église, en habits de prêtre à l’autel, chantait, hurlait, criait.
Le Prêtre qui avait entendu du bruit, et puis les cloches qui sonnaient, tout étourdi, mal éveillé, avait sauté à bas du lit. Il avait pris une chandelle, l'avait allumée au feu, avait appelé son clerc Gillain, sa femme, son chapelain, avait pris la clef de l’église. Il avait mis un levier sur son épaule, sa femme avait pris un bâton, le chapelain un fouet, le clerc une massue. Hardis comme limaces, ils étaient sortis de la maison et étaient allés droit à l’église.
Avant d'entrer, le Prêtre regarda par le trou de la serrure et vit Primaut à l'autel. Il ne le reconnut pas sous ses habits de prêtre et sous la large couronne de sa tête. Il ouvrit la porte, mais la referma vite quand il entendit les hurlements, les glapissements, les cris de l’officiant. Il crut que c'était le diable et il eut si grand” peur que sa vue se troubla — il tomba, pâmé. Sa femme, le voyant pâmé, le crut mort, et se mit aussi à hurler ; le clerc s’enfuit par le village, criant, éveillant les vilains :
— Or sus! Or sus ! armez-vous sans tarder ! les diables sont dans l'église, ils ont tué mon Seigneur et l’ont jeté mort devant la porte ! Nous sommestous perdus !
LA MESSÉ DE PRIMAUT 63
Les vilains sautèrent à bas du lit, s’habillèrent. L’un endossa une cuirasse, l’autre mit un chapeau de fer qui semblait venir de l’enfer tant il était noirci de fumée, l’autre prit sa fourche à fumier, un autre amena ses chiens, un autre avait l'épée à la main. Îls étaient bien quatre cents vilains. Chacun portait bâton ou massue, ou fléau, ou levier, ou hache. Celui qui était dans l’église allait être bien arrangé ! :
Cependant le Prêtre, revenu de pâmoison, s'était levé et accourait au-devant d'eux en criant :
— Venez vite ! vite ! le diable est entré dans l’église !
Quand les vilains furent tous là, le Prêtre ouvrit la porte, et ils entrèrent.
Primaut, entendant du bruit, se tut et courut au trou qu'il trouva bouché, plein de terre. Affolé, il revint vers l’autel en courant à travers l’église. Le Prêtre, de son levier, à deux mains le frappa si fort que peu s’en fallut qu’il ne le tuât. Primaut, furieux, se retourna contre lui, et si les vilains n'avaient pas été là, c'en était fait du pauvre Prêtre ! Mais tous ensemble se jetèrent sur le loup, le poussant, le bousculant, le frappant, qui sur le dos, qui sur la tête, qui sur les jambes et qui sur le museau.
Primaut se vit en mauvaise posture, il comprit qu “ : ne pourrait pas résister, il prit son élan et sauta par une fenêtre : qui était à dix bons pieds de hauteur.
Quand il fut dehors, il s'enfuit au grand galop vers la forêt, plein de rage, mais se consolant un peu d’avoir été si maltraité en pensant qu'il emportait les habits du Prêtre.
A grande allure, dans la nuit très obscure, il s’en allait. Les
vilains qui couraient après lui ne purent le suivre et retour-
nèrent chacun chez soi. En galopant vers la forêt, Primaut jurdit de se venger du Prêtre et de ne lui laisser agneau ni brebis.
« Pour commencer, pensait-il, j'empo veut demain chanter sa messe, il faudra qui ou la chemise de sa femme pour s'en faire une aube — car celle-ci, il ne l'aura pas ! Si jamais je le rencontré, seul, dans les champs, je lui arracherai l’âme du corps. Et ce maudit Renard — que Dieu honnisse | — qui m'a emmené dans l'église, qui s'en est allé quandila entendu les gens venir, qui tabouché letrou pour que je ne puisse pas sortir | Si jamais jele tiens ! Je n'irai pas me plaindre de lui à la Cour du Roi, non | jen prendrai moi-même Une vengeance telle qu’on en parlera longtemps et qu'il ne fera plus jamais de mal à personne. J'aurais dû Je châtier déjà, pour avoir couvert de honte mon frère Ysengrin, mais je le rattraperai ! »
Ainsi pensant, au jour naissant il arriva dans la forêt. Il vit Renard qui l'attendait, couché sous un chêne et qui 5€
leva pour venir au-devant de lui.
Ah 1 sire ! dit-il, les yeux pleins de larmes, vous voilà !
Soyez le bienvenu \ | Primaut, tout angoissé de rage, lui répondit :
— Je ne te salue pas.
Ah sire ! pourquoi ? qu'ai-je fait de mal ? dites-le-
rte ses habits. S'il | prenne le jupon
m'a laissé e
moi | __Tu m'as abandonné, tu es parti, tu 45 bouché le trou
pour que je ne puisse pas sortir. Tu m'as trahi | Fils de catin!
Méchant nain ! tu en as trahi bien d’autres | Je vais = venger touset tu netrahirss plus personne !
Renard fit semblant d’avoir grand’peur, et tremblant, ls cissant sa voix, il dit ;
— Sire, nous sommes seuls, tous les deux, ici, vous et . moi. Je suis à votre merci. Mais je ne me souviens pas d’avoir jamais rien fait que vous puissiez me reprocher. Par Notre- Dame! ce n’est pas moi qui ai bouché le trou. C’est le Prêtre — je l'ai vu. Je lui aï crié de ne pas le boucher — il m'a répondu que s’il me tenait il m'étriperait. Il était armé, je ne pouvais vous rejoindre, je suis parti et je suis venu vous attendre sous ce chène, pleurant à la pensée que vous ne pourriez pas sortir, qu’il y auraït bataille et que vous auriez durement à souffrir, seul contre tous ces vilains. Voilà la vérité, sans mentir d’un mot. Je n'ai pas cessé de pleurer depuis que je vous aï laissé là-bas. J'avais peur que vous n'eussiez pas pu faire le saut par la fenêtre et qu'ils vous eussent retenu — mais ils n’ont pu, comme je vois.
Primaut eut pitié de lui quand il le vit pleurer.
— Renard, répondit-il, je te crois. N’aie pas peur, je ne te ferai pas de mal, mais j'en ferai au Prêtre, si je peux ! Pour commencer j'ai son aube, sa chasuble, son amict, son manipule, sa ceinture. Quand il voudra chanter la messe, il lui faudra en emprunter d’autres, car ceux-ci, jamais il ne les reverra. |
— Sire, dit Renard, savez-vous ce que nous devrions faire ? Nous devrions porter demain ces vêtements à la foire, et les vendre, au nez du Prêtre. | |
#4. ; CP Me
— Bonne idée ! dit Primaut. Mais écoute ! j'ai besoin de me reposer, chair et os me font mal, tant j'ai reçu de coups ! Passons ici la nuit. Demain, de bon matin, nous partirons pour la foire. Quand nous aurons vendu ces habits, nous partagerons honnêtement ce qu'on nous en aura donné.
— Par ma foi, dit Renard, c’est une bonne idée.
Et tous deux s’endormirent sous l'arbre.
COMMENT RENARD ET PRIMAUT VENDIRENT, POUR UN OISON, LES VÊTEMENTS DU PRÊTRE, ET COMMENT CET OISON FUT MANGÉ PAR MOUFLART LE VAUTOUR.
Le lendemain, au lever du soleil, ils s’éveillèrent.
Ils firent un ballot des vêtements, à la façon des marchands. Primaut, avec une corde, suspendit ce ballot à son cou, et les voilà partis tous deux, joyeusement, pour la foire.
Commeils rejoignaient la grand’route, ils virent venir un Prêtre qui se rendait aussi à la foire. Mais devant que de s’y rendre, il allait dîner chez un Prêtre de ses amis et portait un oison pour renfort de victuailles.
— Ami Primaut, dit Renard, voilà qui tombe bien ! Si nous pouvions, pour cet oison qu'il porte, vendre nos habits