TYBERT PERD SA QUEUE
eut bu, quand il ne put vraiment plus boire, il renversa le pot, et tout le lait se répandit. |
— Méchant gourmand ! s’écria Renard, pourquoi as-tu renversé le pot ? J'aurais mieux aimé que tu m'eusses battu. Je n'aurai pas de lait ! Va-t'en ! Sors | ii suis fatigué de tenir ce couvercle. Allons ! sors ! |
— Oui, dit Tybert, je sors. Attends encore un instant !
- — Je ne peux pas, je vais laisser tomber le couvercle si tu ne sors. Je suis trop fatigué ! |
Tybert, alors, d’un bond, sortit de la huche.
Renard laissa choir le couvercle si à propos, et Je poussa si fort, que la queue de Tybert fut prise, au vol, et coupée à La moitié de sa longueur.
Tybert tomba, tant la douleur fut grande et furieux il dit à Renard : en ‘
— Traître | | tu m'as rl en ! tu m'as is 56 " queue | et fait grand mal ! |
— Ce n'est pas moi, dit Renard, tu as au si brusquement que tu as fait tomber le couvercle.
— Tu mens!
— Tais-toi, dit Renard, tu devrais être content, te voilà plus léger d'autant ! past
— J'étais assez léger ! Je ne me ferai ne jamais à toi. :
— Tu plaisantes ! Ta queue n’était qu’un poids inutile. Mais ne parlons plus de cette queue qui est bien perdue, et dis-moi si, en vérité, tu ne te sens pas plus léger.
—.Moque-toi de moi ! dit Tybert.
«— Me moquer ? Pourquoi dis-tu que je me moque ? qu'as-ta besoin d’une queue ? Quand on te donnera la chasse, tu fuiras plus légèrement. Sans plaisanterie, je voudrais que L mienne fût aussi coupée.
+ Tu en as de bonnes | dit Tybert. |
— N’en parlons plus, reprit joyeusement Renard. Allons vite au poulailler, et là nous trouverons à manger.
Ils sortirent de là maison, par où ils étaient entrés, et allèrent droit au poulailler. à
Tybert dit : | : + Les poules sont là-dedans, mais si tu m'en crois tw n’y toucheras pas, tu prendras d’abord le coq. Il est gros’et gras, les poules sont de vieilles poules crottées, demi-plumées. Elles seraient dures. Le coq est jeune et tendre. Et puis, si tu prends une poule, le coq se mettra à crier, Gombault se réveillera, et tu pourrais ÿ baisser ta peau.
Il avait peut-être raison, mais il avait parlé trop haut — peut-être l’avait-il fait. exprès — et le coq qui dormait, tête sous l'aile, se réveilla. Voyant luire dans l'ombre les yeux de Renard et du chat, il se mit à crier si fort que Gombault se réveilla aussi, se leva, jeta une poignée de foin ‘dans le feu pour faire lumière, appela son monde, ses chiens, et s’en alla voir àses poules, : a 2
Tybert ne l’attendit pas, courut au pieh rompu et ee eñchanté ‘de voir que Renard ne le suivait pas, Rare étre bien vengé de là perte de sa queue.‘
Renard s'était laissé attraper par L en qui le roulent,