‹ Le roman de Renard, version moderneChapitre 32 sur 70 · COMMENT YSENGRIN BATTIT RENARD · texte numérisé non relu

COMMENT YSENGRIN BATTIT RENARD

le secouaient, le mordaient, le déchiraient. Vaillamment il se défendait. Enfin il attrapa un des chiens, à belles dents, parles narines, le fit hurler, crier, et arracha le morceau.

Les autres chiens, effrayés, reculèrent un peu. Renard en profita pour prendre le même chemin qu'avait pee le chat, et il disparut dans la nuit.

= COMMENT YSENGRIN BATTIT RENARD MAIS EUT PITIÉ DE LUL ET NE LE TUA PAS

Renard avait été bien marri quand il avait appris qu'Ysengrin était sorti du puits. Mais tant qu'il sut que son oncle était äux mains des mires, chirurgiens et apothicaires, entre là vie et la mort, il vécut en très grande paix, car il ne craignait guère ses autres ennemis. ES Un

Ainsi vécut-il jusqu'au jour où Cine le APT son cousin, lui vint dire qu’'Ysengrin tenait ki au ne see et vif et fort comme —. MUR MERE

— Las de moi ! gémit-il, je n'oserai plus sortir. Si. je de rencontrais maintenant, - Ep peine à me tirer de ses dents ! Ë Et MM SE se

. Hermeline lui dit : , L

— Mon doux Seigneur | ne vous afligez D ‘pas. he vais VOUS

enseigner un charme, de telle puissance que, le jour où vous l'aurez fait, vous ne pourrez perdre la vie, ni même avoir un os brisé. Voilà : quand vous franchirez votre porte, avec le pied droit de devant faites trois croix sur le linteau. Si vous le faites, de tout ce jour aventure ne vous arrivera dont vous ne veniez à bout et ne sortiez, votre vie sauve.

Renard lui dit un grand merci, et avant de passer la porte, il fit trois croix sur le linteau avec la patte qu’il fallait.

Et bientôt, passant dans un bois, il vit, sur un arbre, une corneille qui sortait du bain et lissait ses plumes, et les lissait, lissait avec son bec.

Vite Renard s’étendit à terre, pattes en l'air, tirant la langue et ne bougeant non plus qu’un mort.

La corneille l’aperçut gisant, langue dehors. Elle pensa qu’il était mort. En planant elle se laissa choir près de lui, non pas trop près cependant. Renard ne bougeait, non plus qu'un mort et ne soufHait. La corneille pensa : « Il est bien mort. » Elle s’approcha pour béqueter cette langue qui devait être un friand morceau. Mais avant qu'elle y eut touché, Renard la happa brusquement par la têtes la lui brisant entre ses dents. Et tout courant, il l’emporta en lieu où il la pût manger sans être dérangé. Il arriva au bord d’un marais très retiré qu'il connaissait. Il posa la corneille, se baigna, et quand il fut net et rafraîchi, la mangea. Ensuite il se reposa.

Le charme que lui avait enseigné Hermeline était bon — chaque jour il le ferait avant de quitter la maison.

Il rentra dans le bois, et tout à coup, dans un chemin creux très étroit, il vit son cher oncle Ysengrin devant lui.

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