‹ Le roman de Renard, version moderneChapitre 35 sur 70 · RENARD ET FROBERT LE GRILLON · texte numérisé non relu

RENARD ET FROBERT LE GRILLON

Tout à côté était le jardin du curé. Renard y entra et y attrapa, non sans peine, quelques rats dont il calma un peu la faim qui lui était venue, très grande, car il n’avait mangé que la corneille depuis le matin, et l’odeur et l’espoir du jambon avaient creusé son estomac.

Ysengrin, sous son buisson, bien qu’il n'eut plus aucune faim, pour la faim de demain avait mangé le reste du jambon et digérait, alourdi, somnolent, à l'ombre.

Dans le jardin, Frobert le grillon chantait, à l’entrée de son trou, près du four. Quand il aperçut Renard — il le connaissait bien — il se tut et se tint sur ses gardes.

Renard s’assit, pencha dévotement la tête et dit :

— Les clercs chantent latin ! Seigneur clerc, chantez-moi encore quelques psaumes de votre psautier, et je vous donnerai bonne récompense.

Frobert voyait que Renard le sucen il se tint coi et ne dit mot.

— Seigneur clerc, reprit Renard, pour l'amour de Dieu chantez-moi un de ces psaumes que vous chantez si bien |

— Tais-toi ! Traître ! répondit Frobert. Je te connaïs et je vois de quel œil tu me regardes.

Alors Renard, brusquement, lança son bâton sur Frobert.

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