‹ Le roman de RenartChapitre 15 sur 38 · IS. X · texte numérisé non relu

IS. X

Ainsi ils tâchent de corriger les tt. 31. 80 etc. Ils ajoutent des vers nouveaux après les vv. 106 (2). 124 (4). 154 (2). 1192 (2). 1220 (2). 1274 (2) etc. D'autres interpolations sont communes aux mss. CM et BLO: ce sont celles qu'on y lit après les vv. 998 (2). 1000 (2). 1024 (2). 1026 (2). 1034 (2). 1044 (2). 1046 (2). 1064 (2J. 1118 (2). 1122 (4). 1310 (2). 1322 (2). 1342 (4). 1344 (2). 1346 (2) etc. Tous ces vers me paraissent sttporâue. &téon lui-même, qui cependant tâchait de réunir toutes les variantes dans son texte, a supprimé une grande partie de ces interpolations. Le mse. a encore d'autres interpolations; il remplace les vv. 153—157 par ceux-ci: z .1. garson quot amené Q' lauott serui tout leste De bues rhacier a la charrue A eut ne giete ne ne rue Mes a vne verge en paignut Le fet sowusnt aler auant Mit' auoit en lui bon garson Ci iUuec de lui nos tairon.

Quant au long épisode, qui se trouve inséré dans après le V. 1 938, voici les leçons du manuscrit qu'il faudrait restituer dans le texte imprimé , vol. III p. 325 ss. : 13 nu (au lieu de ««s) 23 vost (volt) 28 gros {fort) 70 tomee {menez) 81 ain {aim) 89 ele (el) 90 le mso. lit Attree vus rfonc 97 elfacer ea 131 le mec. lit mot et cil 148 le msc. lit pariurs 156 let il'ot) 174. 189 Hatneline 176 il (el) 187 Jouham (Jowham) 188 am 198 Le msc. lit Que ce que vos dite voirs soit 201 Que (Et) 202 commande a (commanda). Je passe boub silence quelques fautes insignifiantes du texte de Méon.

Au texte de mon édition je préférerais aujourd'hui les leçons suivantes: 3] Puis que il voit le jour paroir (0) 53 T. mes voisins {jiyO) 161. 162 charte (0) : escrie (AO) 184 Force (0) 226 vis (0 au lieu de mes) 278 Touz les vilains del mont mescroi (0 ne croi) 368 /m (0 au lien de ert) 583 del apens.

La branche X promet au v. 4 de raconter une partie de lestoire de la guerre de Renart contre Ysengrin: c'est probablement la tradition populaire qui est désignée par le

62 g 2. LES BRANCHES.

mot estoire. En tout cas noua Bommee sûr que le récit de la maladie du lion et dca différents conseils que lui donnent le loup et le renard, est une des plus auciennes parties du roman de Renart. C'est à elle que se rapportent de nombreuses allusions que nous rencontrons dans les branches qui traitent des épisodes additionels: v. mes remarques sur les branches VI. XI. XVII. XXIII.

Aussi la maladie du lion appartenait-elle aux traditions les plus ancienues du moyen-âge, qui se rattachent immédiatement à la fable éaopique, A la cour de Charlemagoe, Paul le Diacre traita ce sujet en distiques latins; plus tard l'Ecbasis, ensuite V Ysengrimuit développèrent de plus en plus cette scène qui devint tout un drame.

Cependant dans notre branche, le récit de la maladie du roi est précédé de longues narrations , dont le sujet est, d'après le texte des manuscrits que noua avons préférés, tout à fait étranger à ce qui suit. La cour est assemblée; Ysengrin accuse Renart, Tibert le défend; enfin, cédant au conseil de Belin, le roi envoie Roonel le mâtin chez Renart. Celui-ci réussit à faire prendre Roonel à un piège, d'oi) il ne s'échappe qu'après avoir reçu maint coup de bâton. Le second messager, le cerf Brichemer est traité d'une façon semblable. Le roi qui était déjà prêt à assiéger Renart dans son château (t. T50), ne paraît plus être disposé à poursuivre le malfaiteur.

Il est évident que l'épisode des deux messagers ne fait qu'imiter la branche I; imitation qui encore reste bien audessous de l'original. Le poète ne suppose pas qu'on se souvienne de la branche I: car il fait jouer à Tibert un rôle qui ne s'accorde pas avec l'outrage dont il est la victime dans la branche I. En défendant Renart des accusations d'Ysengrin, Tibert pense au mal qu'il a fait à Renart d'après la branche II 6G5 sa.: il tâche, quoique sans succès, de le lui faire oublier en embrassant sa défense.

On admettra donc que la première partie de la branche a été inventée par l'auteur de notre branche et que ce n'est pas une tradition plus ancienne, mais l'analogie avec d'autres branches qui lui en ont fourni le sujet. Il a cherché à donner à son poëme un intérêt particulier, en décrivant tout au long

IbyGOOgiC

la construction du château de Renart, qui d'après lui était un siège féodal de premier ordre (v. 285 ss, 584 as. 1185 sa.)- Il doQue à ce château le nom de Valgris (38) et il le place aux envirODS de Thérouanne , lieu situé au sud de S. Orner et qui a eu une certaine importance aux 12. et Vd, siècles. C'est doue au département du Pas do Calais que cette indication locale nous conduit. D'un autre côté nous lisons au V. 1442 le nom de Mantes (dép. Seine et Oise): cette ville située sur la Seine, et qui donnait le passage du diocèse de Rouen à celui de Paris, a été au commencement du 13, siècle la base des opérations de Philippe Auguste contre la Normandie. ËD prétendant que Renart n'a pas passé Mantes, Ysengrin fait entendre par là que venant du Nord il n'est pas même entré dans le royaume de France, et que bien moins encore il peut avoir fait le voyage de Saleme, Au V. 1411 il faudrait peut-être lire Moriane avec les mss. BL: ce nom désigne la Savoie (Maurieune), qui figurerait mieux à côté de la Lombardie et de la Toscane que le pays des Ardennes.

L'auteur de la branche X se distingue encore des autres par sa manie d'adresser la parole à ses auditeurs au beau milieu de sa narration: v. les w, 282 Voulez oïr comme il exploite? 389 Sauez comment l'a deceû? 656 Que vos diroie? 671 Que vohs vos? 1286 Et bien sachoiz que molt li grieve. 1307 Çtie Je dire ne vos saroie. Il aime les enjambements: V. p. e. 563. 995. 1070. 1073. 1253.

Toutefois une partie de ce que je viens de dire du style et du contenu de la branche, ne se rapporte qu'au texte tel qu'il a été constitué d'après le msc. A. Les autres manuscrits changent on évitent même complètement les noms propres dont j'ai parlé. Dans les vers interpolés après le v. 270 ces manuscrit»! font des allusions aux messages de Brun et de Tibert, qui sont racontés dans ^la branche I, mais qui, comme nous l'avons vu, ne s'accordent pas avec le rôle que Tibert joue dans la X''"° branche.

Les maunscrita dont le texte s'éloigne ainsi de celui de la classe « , sont BCHIhM\ le msc. e occupe une place intermédiaire qui sera déterminée plus tard.

Afin de mieux prouver l'infériorité du texte conservé dans leB manuscrits que je viens de nommer, je me permets de revenir aux arguments exposés dans mon Examen critique p. 31 SB. D'abord c'est une faute évidente de ces manuscrits que de transposer les w. 483 — 486 après le v, 432: les mse. BL nous offrent ces vers tels qu'ils se lisent dans la classe a, mais à une place qui ne leur convient pas; les mss. CM changent le texte pour qu'il puisse s'accorder avec son nouvel entourage; le msc. H poursuit ce même but, mais avec un peu plus de circonspection. Ensuite les manuscrits des classes (ï et y (y compris le msc. H) ont remplacé les vv. 1153—60 par une autre transition de la première partie de ta branche à la seconde. Cette transition est certainement meilleure que celle qui se trouve dans les mss. de la classe a ; mais si elle s'était trouvée dans l'original, pourquoi la classe a l'auraitelle changée? Il y a, en outre, des raisons chronologiques qui prouvent la justesse des indications de la classe a, d'après lesquelles un temps indéfini s'est écoulé entre le retour de Brichemer et la maladie du roi. Roonel tombe dans le piège al entrer de sepienAre (v. 374); or, comme la mission de Brichemer suit immédiatement celle de Boonel et que la maladie du roi commence a une seint Johan (1163), il est évident que le roi n'est pas tombé malade en voyant Brichemer revenir sans Renart, comme l'assurent les manuscrits de la classe fi et y.

Mais la principale différence entre le texte n et celui des autres classes consiste en de nombreuses additions qui donnent aux classes fiy une étendue beaucoup plus considérable. Je n'en citerai que les 14 vers intercalés après le V. 750 et les 16 vers qui, après le v. 1700, servent à amplifier la conclusion de la branche: je ne crois pas que l'on s'avisera de prétendre que ces vers appartenaient à l'original.

Toutefois il y a surtout dans la seconde partie de la branche des vers conservés dans les classes ^y, qui me paraissent indispensables. Ainsi j'ai admis dans mon texte les vv. 1385 — 1406 qui manquent dans la classe a. J'aurais peut-être dû y en ajouter encore d'autres, notamment ceux qui se trouvent dans le msc. e: les 2 vers après 1418, les 8

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