IV fin de la var. IX 505. XII 181. XIV
129. 448. XVI 760. Il en est de même de la forme serion, qui est trissyllabe XII 148 et que le scribe du msc. H parait avoir évitée. Le mot ascenèions, qui a quatre syllabes 115, n'en a que trois dans la leçon des mss. CHMn. Il ne faut cependant pas s'attendre à une observation absolue de cette règle: des formes en -iez, qui donnent à cette terminaison la valeur de deux syllabes, se trouvent dans H II 527. 925 et ailleurs. La tendance à faire disparaître 1' biatus s'y manifeste encore dans la prononciation dissyllabe de roine 1 1 798, de jeûner 1 1466. 1738. m 183, et dans la prononciation monosyllabe de vem I 1774, eu 3062, eust XVI 954. De même la prononciation trissyllabe de aident IV 416 est évitée dans H. Tous ces changements prouvent le peu de respect que le scribe a porté au texte qu'il copiait. Il faudra tenir compte de cette observation, lorsque, relativement à la branche XI, nous nous occuperons d'une question grammaticale que l'on serait facilement porté à trancher en faveur de notre manuscrit et de cenx qui ont le même texte. Que ce ne soient pas toujours des raisons de grammaire qui ont induit le copiste de if à changer le texte original, un seul exemple le prouvera: dans la variante du V. 525 de la br. XIV H donne à la femme de Frimaut le nom de Hermengart, parce que le nom de Hersent, que les antres manuscrits de la classe y lui imposent, est partout ailleurs celui de la femme d'Ysengrin.
Le dialecte du msc. I est encore parsemé de pîcardismes. Il offre les formes Jou, aUlours, millour, admenei, parlei, maufei, outraige, autre, aubelestiers, chaitcun; cacheour, ichi, chertés, ehu (= eu) etc. Mais ce qui le distingue du msc. H, ce sont les formes latinisées: compte, doubte, destrcnctement, soiàis, seeit, vauU etc. Quant au teste lui-même, il se rapproche de celui de B sans y remonter directement:
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V. plus loin mes observations sur la branche XIII. Dans la branche IX le msc. H reproduit à peu près le texte de £L, tandis que / offre plutôt celui de C: v. la variante du v. 182. Maie ce qui imprime un cachet particulier à ce manuscrit et lui ôte en même temps toute valeur pour la reconstruction du texte primitif, c'est sa manière d'abréger les branches. Celles qui forment la dernière partie du manuscrit, en ont beaucoup souffert; mais encore davantage les branches XV. II et III, qui se trouvent aux f. 65 et 66 du manuscrit. Dans mon Examen critique des manucrits du roman de Renart' j'ai reproduit les 20 vers du msc. I qui remplacent la br. III 1 — 114; j'intercale ici les vers qui s'y trouvent au lieu de XV 365 et suivants et de II 843—982:
Thiebera li chas quant la vtu
Grant ioie au euer en ha ehu
Il deacent tus ce est la voire
A lostél vient chiea ,1. preuoire
Ou il a«oit auria et raa
Moult fu ioiana de aea baraa
A Renart men vuel retourner
Qwau dit hoatel ae eeuïf tarner
Ou il anMa .1. graa fromaige
Don il reçut mortel dommaige
Par le pie fu pria au broion
Auxi con un autre larron
Lors ae commence a demenler
Que il le couuient aeioumer
Ne iamaia mal faire ne quiert
Mais bonetnent et en paia iert
Tiecelina loit cuide voir die
Qui delea i*« molin aapuie
Il deaeenl tua quil ealoit haut ■ Mais onques ne fiât piour aaut.
Un texte tellement mutilé ne saurait être porté au même rang que les autres manuscrits. Je me vois obligé d'appuyer sur ce fait d'autant plus que M. Jonckbloet (Etude p. 289) a supposé qu'on trouverait dans ce manuscrit le texte le moins remanié: une telle erreur a eu pour ses recherches de funestes conséquences.
Le texte du msc. E correspond à peu près à celui de S, dont il aide à corriger quelques fautes. Il mêle quelques
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picardismes à l'orthographe régulière; il écrit oupiua (= g^oupil), pau, caura (voudra).
Le mac. L offre eacore un intérêt particulier. Ce manuscrit rend en général le texte de B, quelquefois il a même conservé des leçons plus anciennes, surtout dans la première partie de la branche I, où il s'accorde le plus avec le msea. Mais, par sa négligence et par des modifications arbitraires, le scribe â presque partout corrompu le texte qu'il copiait. Le dialecte de L est celui de l'Est ; cp. les formes trouveront (au lieu de trouserent VI!I 93. 296 etc.), aygxie, baroiche, marci, mortal, varriez (XVI 930), vouar {veoir II 1052). Il remplace par es- les préfixes qui se composent d'un a et d'une consonne: esparcut (X 986. 1355), esparceuz (XVI 1009), eafubla (X 1353), estenance (XV 48), estachier (X 1300), esraiffne (XVI 925), esraigniez (XVI 901), effautree (X 1337).
Le texte du mac Jf a la plus grande a^nité avec celui de C. Cependant il s'en éloigne quelquefois pour se rapprocher de celui do B (v. par ex, les Tariantes de III 74. 76. X 741) ou de celui du msc. (par ex. en écrivant I 2629 M. longuement se» arestut, et I 2678 romain). L'orthographe de M ne diffère pas sensiblement de celle de C. Le copiste a presque partout substitué ^e et sus k car et sor.
De même le mso. JV semble faire preuve d'une certaine aversion pour le mot fet, qu'il remplace par dit, dist: I 2813. 2831. 2833 etc. Son orthographe sent tant soit peu le terroir picard: on y trouve quelquefois ck au lieu de c.
Il me faut parler plus au long du msc. que j'aî maintenant pu consulter moi-même, le manuscrit ayant été envoyé à Strasbourg par la gracieuse intervention du ministère d'Àlsace-Lorraine. Je no puis songer à augmenter les variantes rassemblées dans le HP'"' volume de mon édition: une collation complète du msc. sera, comme je l'espère, publiée par un membre du séminaire roman de l'université de Strasbourg.
Je ne désire placer ici que les remarques suivantes. Les lignes qu'on trouve écrites sur le feuillet de garde du msc. 0, ne sont ai de la même main ni de la même époque;
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les mots Cest livre est de Humfrey duc de Gloucester liber lupi et Vidpis appartiennent sans aucun doute au XY*"" siècle. Hunfroi est le prince qui en 1423 se maria avec la duchesse Jacobéa de Hainaut, célèbre pour sa beauté, son courage et ses malheurs, et qui mourut en 1446: v. aussi la notice de M. P. Meyer sur les manuscrits provenants de la bibliothèque de ce prince, Remania XT p. 265.
Comme M. Bauer l'avait déjà remarqué, il n'y a pas d'initiale majuscule rouge au commencement de la branche V, mais la place est restée en blanc. La miniature placée audessus de la première colonne représente la 'procession de Benart' : on y voit le lièvre avec une croix, puis le bélier et Tours portant sur leurs épaules un brancard , sur lequel se trouve un cercueil en forme de châsse: Renart en sort et s'empare du coc. Cette miniature fait présumer que la branche SVII se trouvait sur les feuillets égarés de notre manuscrit.
Quant à la valeur de ce manuscrit pour la recherche du texte original, j'y reviendrai plus tard. L'orthographe du msc. est trèa-régulière, quoiqu'on y trouve des formes picardes comme aueroit I 144*, se queue I 363; comme dans le msc. E, les c sont souvent remplacés par des s : se II 303, frasois I 2894, pelkon II 196, ftoson Y 238 etc. On lit halou I 630, osbeir dans la variante de YI v. T.
Nous arrivons aux manuscrits qui ne nous ont conservé que des fragments et à ceux qui ne contiennent qu'une seule branche. Les mss. e et k, qui paraissent avoir contenu autrefois le roman tout entier, ont l'orthographe régulière du 13*°" siècle. Le msc. / trahit son origine artésienne en nommant su V. 21 le bourg de Hesdin. Entre les manuscrits qui contiennent la branche YIII, d se distinguo par son orthographe picarde. Les mss. g et i offrent un francs italianisé. Enfin, le msc. a mérite une recherche plus spéciale même par son orthographe. On y trouve la particularité que les désinances -ie, -oe, -ue sont remplacées par -iee, -oee, uee, comme p. e. dans envoiee : hailliee 828, foi mmliee 1171, leckeriee 3087, Mariée (: mie) 3140, departiees 3179; ioee 56, moee 1355, noee 2594; muée (: venue) 2876, rompuees 3155, aguees 3156. L'imparfait s'y termine quelquefois en -oK'2JortoHS67,