‹ Le roman de RenartChapitre 3 sur 38 · FILIATION DES TEXTES · texte numérisé non relu

FILIATION DES TEXTES

menot 2757, cuidol 2994. Une lacune de 40 vers api'ès le y. 1666 fait supposer que c'était là le nombre des vers qui se trouvaient aur une colonne du manuecrit que le scribe d'o a copié. Ce manuecrit est d'une grande importance pour la critique de la branche I, comme nous le verrons ci-après.

Je termine cette description des manuscrits par quelques observations générales sur la filiation des textes qui nous y sont conservés. En laissant de côté la branobe YIII, dont je parlerai encore avec plue de détail, je comprends sous la lettre a le texte qui est conservé dans AECfJG et qu'on retrouve encore, mais avec de légères altérations dans DN; la lettre /f désignera le texte commun aux mss. BKL, quoique ce dernier manuscrit paraisse en même temps remonter à une source plus pure et avoir souffert plus d'altérations particulières que les autres de la classe j?; enfin je donne la lettre y au texte qui est reproduit par les mss. CMn et dans lequel les deux textes a et |ï ont été combinés en quelque sorte , comme je crois l'avoir prouvé dans mon Examen critique', dont je ne répéterai pas ici tous les détails. Le msc. H appartient de même à la classe y, mais il en représente une forme plus ancienne, tandis que le msc. 7, copié sur un texte très ressemblant à celui du msc. H, l'a abrégé d'une manière intolérable.

On peut représenter les relations qui existent entre les divers manuscrits, dont je viens de parler, et le texte original (X) dans le tableau suivant ;

DaQ8 ce tabloiiu je n'ai paa admis lea maDuscrits qui ne contieuaent qu'une petite partie du roman et sur lesquels je reviendrai en parlant des différentes branches. En outre, il reste encore le mso. qui demande une reclierciie particulière.

Ce manuscrit offre encore une combinaison de textes a et {i, qui n'est cependant, pas la même que celle des mss. CHIMn, quoiqu'elle lui ressemble dans quelques passages. D'abord elle se distingue de celle-ci par la foule de changements tout-à-Tait arbitraires qu'elle a fait subir au texte commun. Il y a un grand nombre d'interpolations dont quelques-unes ont passé dans le texte de Méon : v. par ex. ce que j'ai dit à ce propos dans la préface du 111'°" volume de mon édition p. YIII. La plupart de ces vers qui ne se trouvent que dans notre manuscrit ont cependant été tejetés par MéoD lui-même, notamment ceux qui y terminent les branches VI et VII et que je reproduirai plus bas. Par contre, le scribe qui a arrangé le texte du msc. 0, a omis beaucoup de vers, par ex. les vv, 870—902 de la branche IX. Plusieurs fois il n'a gardé qu'un seul des deux vers qui rimaient ensemble, et les vers omis n'ont été suppléés qu'en partie par une main plus récente. Au lieu des vers I 529. 530 on ne lit que : La char lor anblent les putains. Souvent aussi le scribe a changé la place des mots qui portaient la rime, ce qui l'obligeait presque toujours de remanier des vers entiers: ainsi il a remplace les vers de la variante qui se trouve dans beaucoup de manuscrits après IX 1034 par les deux que voici: Q' famés tiegnmt totes cotes. Q' les ne Janglent totes voies. Dans quelques-unes de ses variantes il a même fait preuve d'un certain discernement. Dana les vers 295. 6 de la br. I, il a très bien senti que la leçon offerte par presque la totalité des manuscrits était fautive; mais comme il ne connaissait pas celle des mss. CM, qui ont conservé l'original, il a forgé deux vers nouveaux, en écrivant Quant li roi ot plaidie assez Tant que il en fu tous lassez. Or, un texte remanié de cette sorte n'a pas l'autorité d'un témoignage sincère: c'est comme une photographie retouchée qui ne peut reproduire fidèlement les traits do l'original.

On n'admettra donc des leçons du msc. que celles

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