XIX— XXII
sont lea mêmes que XX 45/6, Mais je ne crois pas qu'elle 8oit du même auteur , son sujet , très - grossier en vérité, s'éloignant autant de la naïveté des trois branches en question, que la vivacité de son dialogue et la prolixité de son style contrastent avec la simplicité des autres. Le sujet cependant en luiménte (la branche raconte qu'une femme tire son mari d'embarras eu montrant à nu une partie de son corps) ne manque pas de popularité: on peut comparer un chapitre de Gargantua (IV, 47), dont l'origine indienne a été démontrée par R. Ko eh 1er dans le Jahrbuch fur romanische und englische Litterathr III 338. La branche française fait naître l'embarras du mari d'une dispute qui éclate à cause d'une trouvaille, ce qui nous rappelle les branches XII et XV. Le nom de l'ours, Patous, est eucore aujourd'hui connu comme nom de famille. Au v. 141 j'aurais dû écrire au (au lieu de /().
L'auteur de la braucbe XXII a cru devoir s'excuser dans un prologue, fort semblable à ceux des branches Vil et XXI: eu effet, il les surpasse même par l'impudence de son conte, qui est pour ainsi dire une sorte de gynécologie fabuleuse. Il imite, ou pour mieux dire, il parodie la branche X: Renart saisit l'occasion que lui donne un désir du roi pour faire dépouiller ses ennemis des parties de leur corps qui doivent servir aux besoins du monarque.
La première partie, au contraire, contient une tradition populaire bien innocente. Les animaux s'assemblent pour labourer un champs: on comparera à ce sujet un conte serbe, mentionné par J. Grimm, Heinhart Fuchs CCXCI, et dont une édition de 1853 est citée par Teza, Rainardo p. 6; nous retrouverons la même idée dans la branche XXVII. C'est bien dans le caractère do Renart que de se soustraire, comme nous le voyons daus la branche XXII, à de pénibles travaux en donnant de bons conseils et en surveillant les autres. Aussi connaît-il très-bien les signes du temps auquel ces travaux doivent être exécutés: v, le v, 80. Seulement le jour de Letare Jérusalem, le dimanche après la mi-carême, qu'il arrête pour le jugement du roi au v. 306, parait trop éloigné du mois de juin, oiî il prononce son appel.
Il y a dans la branche plusieurs vera qui sont tirés des autres branches: le v. 290 se rapporte à I 95, le v. 456 à VII 629, le v. 508 à II 655.
La forme véir rîmée 449 et le mot WiUecome du v, 260 trabisaent l'ofigine picarde de la brancbe.
On pourrait, selon M. Kressner, corriger le v. 250 en écrivant ferm dormir; mais le mot enfers de V' 2917 prouve que l'm du \&tmjîrmus ne se prononçait plus. Au v. 645 M. Kressner veut supprimer vos. Peut-être faut-il lire au v. 419 avec le mse. L S'an tailla fors le chaaignon.
Le msc. C diffère du texte BL principalement en ce qu'il remplace le nom très Bignificatif du roi Connin par celui de NoHe, M a introduit deux longues interpolations au lieu des vv. 335—380 et 721/2; ce même manuscrit fait | la branche XXII par celle qui la suit dans l'imprimé.
La branche XXIII est l'invention d'un imitateur qui a puisé même dans des poëmes d'un genre tout différent. La première partie (vv, 1 —952) raconte encore une fois le jugement de Itenart , qui dès le commencement y assiste eu la préseuce du roi. Il eat accusé des crimes que les branches I et V' ont fait passer sous nos yeux. Cependant dans le mac. M, le seul qui contienne notre branche, elle suit immédiatement le partage de la proie (XVI), Il y a des allusions qui prouvent que le poëte a connu les branches I, II et X: le v, 255 parle de Gonbaut du Fr-iine, mentionné dans I 313; les vv, 1033/4 rappellent les vv, I 469. 470; le v. 510 se rapporte à II 665 sa., le v. 613 ss. à X 1103 sa. Toutefois la branche offre des détails nouveaux et même des noma qu'on ne trouve paa dans les anciennes branches: p, e. le nom de Frimaux U putois 183, qui n'est peut-être que Frumaus 435. Renart se défend victorieusement contre les accusations des autres animaux : Chantecler eat le seul à qui le roi permette de se venger, et il se laisse entraîner par lea instances de aa femme Pinte à demander la mort de Renart,
Celui-ci se sauve par une ruse qui tient du merveilleux. Renart promet au lion de lui procurer une épouse d'une