‹ Le roman en France pendant le XIXe siècleChapitre 18 sur 93 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

COMEMPOHAinS ET IMITATEURS

Il est rare que le juj;ement du monde consacre sur l'heure les chefe-d'œuvre du génie. Mais l'inique arrêl des générations conlemporaines est soumis à là revision des temps qui les suivent. Tel ne fut pas le sort de René. Si Chateaubriand eul à se plaindre, nous savons tous que ce fui précisément de voir une foule d'irailaleurs maladroits eompromeltre la gloire de son héros par des copies exagérées ei larmoyantes. Un bonheur peu fréquent voulut que, dans celle descendance immédiate, il se rencontrât un fils digne de la paternelle renommée. Adolphe, parB. Constant, fui publié en 1816-. Il n'accuse ni le m^me mérite de nouveanlé, ni le charme ensorcelant de René. L'histoire littéraire l'a, néanmoins, classé parmi «es joyaux. Auiant le roman de Chateaubriand élail « poétique », autant Adolphe semble dénué de poésie. Nous n'aurons garde de nous en élonner, réfléchissant que Benjamin Constant de Rebecque, publicisle, orateur, était plus philosophe que fanlaislsle el n'avait rien d'un poète. Nous nous en rapporterions sur ce point, n'eussions-nous d'autre témoignage, au portrait que M"" de Staël nous a laissé de Léonce de Mondoville. . . Est-^il, dès lors, surprenant qu'Adolphe diffère de son frère René ? Ce dernier était plein d'amertume, mais ne laissait point de nous attendrir, tandis que les souffrances égoïstes d'Adolphe rebutent plus qu'elles n'apitoient.

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