S6 CONTEMPORAINS
Elles produisenl une bizarre impression de vide, de sècheresse et de dégoût.
Le lyrisme de René nous rendait partial en faveur de cet adolescent dont ia mélancolie était inexpliquée,, et, par là même, attirante. Quant à Adolphe, dépouillant la icisr tesse de tout cet appareil éloquent, il nous éclaire sur l'égoïsme caché sous un état d'âme, au premier abord sympathique.
De bonne naissance, élevé avec soin, Adolphe eut pu ppélendre au plus bel avenir si les dissipations de sa jeunesse, jointes à son caractère taciturne, rêveur, renfermé, n'avaient détruit ses chances de bonheur. Ses débordements l'ont déçu avant l'â^e ; il n'a plus les illusions qui seules rendent la vie attrayante.
Rapidement blasé,iis'esl encore plus rapidement endurci. C'est bien l'homme qui va faire le malheur d'une pauvre ci-éature, de l'infortunée Ellénore, dont il a voulu enflammer le cœur par un caprice de vanité.Ellénore a longtemps lutté contre sa passion. Mais quel est donc ce charme mystérieux qui, trop souvent, jette la femme la plus digne d'être aimée aux bras de l'homme le plus incapable de l'apprécier! Et puis, Ellénore est plus âgée qu'Adolphe : elle se sent arrivée à l'heure où les chances d'être adorée deviennent rares, La malheureuse se livre toute entière à son amour : elle lui sacrifie ses affections de cœur, sa réputation, son honneur. L'homme blasé est logiquement prompt à se lasser. Reproches, amertumes, piqûres perpétuelles, humiliations constituent le loi d'EIlénore. Tout l'intérêt du roman réside dans l'analyse des souffrances qu'endurent