‹ Le roman en France pendant le XIXe siècleChapitre 36 sur 93 · DURANT LA PÉRIODE KOHAM'IQUE · texte numérisé non relu

DURANT LA PÉRIODE KOHAM'IQUE

Une sincérité qui va jusqu'au cynisme, une sensibilité raffinée et tendue, une tristesse vaguement amoureuse d'elle-même, caractérisent le fond de cette Confession, comme le souffle poétique, une plirase nelle et profonde, gracieusement pittoresque et transparente, sont les apanages de sa forme.

Mélancolique, mais avec moins d'amertume, sincère sans nous révolter, endolori niais non désespéré, humain en un mot, s'afiîrme Lamarline dans ses œuvres en prose, d'une sève si riche et si encombrée de son élre (Grazifila Raphaël, les Coiifittencex, etc.). Il paraît tel aussi dans Jocetyn qui, bien qu'écrit dans la forme du poème, peut être . envisagé comme un roman.

Jocelyn tient de la Nouvelle Héloîse par la splendeur des paysages, par la vivacité des combats du cœur, autant que par le fond même de la thèse : le relèvement de l'âme par l'amour, Jocelyn personnifie, dans la pensée de l'auieur, la rénovation de l'homme coupable par la souffrance el l'expiation.

Au point de vue de la morale chrétienne, l'œuvre manque son but : le sensualisme y coudoie trop la prii^ie, les passions humaines s'étalent â cAté des leçons de l'Évangile, les méditations mystiques de l'âme s'eiUremClent d'inadmis> srbles égarements. C'est, par certains côtés, comme une réédition de Volupté.

La faute de Jocelyn est embellie, poétisée : elle frappe plus par sa déduction que par sa malignité pécheresse. Artistiquement, la composition n'est pas à l'abri de tout reproche. Le prêtre catholique y est mal compris ; le style

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