‹ Le roman en France pendant le XIXe siècleChapitre 37 sur 93 · LE ROMAN SENTIMENTAL ET PERSONNEL · texte numérisé non relu

LE ROMAN SENTIMENTAL ET PERSONNEL

esl trop peu sobre. Mais, en revanche, que de peintures attrayanies ! que de beautés dans les tableaux et les épisodes ! Celui de la Grotte des aigles, des Laboureurs, la Vie de Jocelyn à Valneige, etc., font partie du patrimoine iinitiortei des lettres françaises.

11 se dégage de ce poème une impression de faiblesse infinie et d'indicible mélancolie : un souffle romanesque, fort et pur, eu anime le lyrisme puissant. On sent que Lamartine y a mis toute son âme, toutes ses pensées sur l'homme et ses luttes. Son « Moi n règne et nous entraîne. Ce caractère confessionnel est aussi là note fondamentale des autres romans de Lamartine, presque tous détachés des Confidences :

« Lamartine, écrit P. Boui^t (I), ne voit guère que lui-mèmc ; il est emprisonné naïvement, magnifiquement, mais emprisonné tout de même dans sa personnalité, b L'égoïsme est le terme logique de l'individualisme et de la sensibilité, quand ils sont outrés. Scrupuleux notaleur des moindres mouvements de son cœur, l'auteur de Jocelyn et de Graziella cède à Timpulsion qui mène de l'observation de soi à l'amour de soi : par là aussi est-il le digne descendant de René, de Léonce de Mondoviil'.', de Julien Sorel et d'Adolphe.

Au premier rang de l'œuvre de Lamartine romancier, il faut placer deux nouvelles moins individualistes : fe Tailleur de pierres de Sainl-Point et Geneviève. Le premier est un récit familier et villageois, non exempt d'éléments

i\) Études et porlraiis, l.

, DURANT LA PÉniODE ROMANTIQUE US

dramatiques. C'est, dit F. Godefroid, « l'hisioire simplement racontée d'an ouvrier de campagne dont l'âme généreuse, dont la patience et la philosophie héroïques sont mises aux plub douloureuses épreuves ».

Geneviève restera comme un des romans les plus chastes et les plus louchants de notre littérature. C'est l'histoire d'une servante, histoire naïve et édifiante comme une vie de sainte, mais vibrant d'une émotion pure, sincère, jamais jouée. Le style y est merveilleusement approprié à l'inspiration-

Nous. avon.s préféré englober Sfello et Servitude et grandeur mililaiTes dans le roman personnaliste, bien que ces deux ouvrages de Vigny puissent être .ramenés, par le choix de leurs épisodes, k Tinspiration du roman historique. Ils sont le résumé des plus chères pensées du poète. Il y a renfermé comme la quiniessence de son 4me et de toute son intelligence : il s'y est précipité tout vif, dirait-on. Siertoeslun monument magnifique construit pour la divinité de son âme : l'Idéal. Les Servitude brillent comme un ex-voto offert au dieu de son cœur : l'Honneur. Le premier, qui poétise divers événements de la Terreur, est essentiellement romanesque. Mais Vigny y poursuivait la démonstration d'une thèse : il voulait prouver que le poète est, ici-bas, condamné toujours à la souffrance. Thèse exagérée, en dépit du choix judicieux des exemples que l'auteur a pris pour l'établir (Chénier, Gilbert, Chatterton}. On y signale la première expression des doutes religieux qui devaient ravager l'âme du penseur.

Stello aussi est un type de la famille de ceux que Gœthe,

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