‹ Le roman en France pendant le XIXe siècleChapitre 42 sur 93 · LE RÉALISME (UN^LRSITTJ · texte numérisé non relu

LE RÉALISME (UN^LRSITTJ

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peindre tels qu'il les voit. Le gaUX du vrai sera son pfe mier guide. A l'aide de ce goût, îi choisira, dans la masse des déiails que comporte la réalité des choses, les plus significatifs. Il les combinera et les présentera de façon à nous donner l'illusion du réel. Dans cette disposition, il se gardera d'introduire quoi que ce soit pour démontrer une thèse, il évitera de laisser percer sa personnalité, de rien révéler sur ses passions : il ne doit peindre que le vrai, et la passion l'altôre toujours.

Telle est la théorie idéale des réalistes. Elle est délicate dans l'application et difficile â faire entrer dans le cadre général de l'art du romancier. Ce «adre exige pour être rempli trois conditions, selon M. F. Brunelière :

Il faut que l'artiste voie, sente, pense. Avant tout, il saisira sous forme d'images ce que le vulgaire des hommes n'entrevoit que sous forme d'expression arbitraire des choses : il lui faut ensuite communiquer à la nature l'allure de ses propres sentiments : enfin, il lui resie à dégager la beauté secrète du fouillis des éléments prosaïques. S'il néglige les deux premières conditions, il produit des conceptions belles, mais froides, inanimées. S'il se soucie de la seule deuxième, son œuvre sera peu .vraie et troublante ; s'il ne s'arrête enfin qu'à la première, il n'obtiendra qu'une esthétique patiente, observée, mais Incomplète et servile. Or, c'est ce dernier parti que, depuis Balzac jusqu'à M. Zola, les romanciers réalistes ont adopté. ' Cette tendance étroite a donné à leur art ce cachet de stérilité et de mesquinerie qu'il a, sauf exceptions, toujours

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présenté chez nous, et qui l'a fail rombev dans le sarcasme, la brutalilé grossière et le noir pessimisme.

Par la force des choses, il a constamment incliné vers le laid, le grotesque, le bas, pour aboutir souvent à l'obscéne : de cette perpétuelle attention prêtée aux faiblesses déconcertantes, aux pesantes misères humaines, de cette préoccupation incessante du répugnant, natt invinciblement le pessimisme. Celui de Balzac nous en fournira une première démonstration. Les réalistes réclament, pour leur, SiendhaL à cause de ses tendances à l'exaclilude sècbe et de ses prétentions à l'analyse scientifique.

Que l'auteur du llouge ei Noir les ait devancés, cela est incontestable : il a leur hantise du fatalisme des tempéraments, leur fétichisme sensationnel et physiologique. Il croit à la prédominance de la complexion et du milieu sur la personne, et c'est ainsi qu'il précède Balzac.

Hais l'auteur de la Comédie humaine est le premier des réalistes « absolus >. Il en est le plus puissant et le plus hardi, bien qu'il mêle encore à ce qu'il observe beaucoup d'imagination.

LE HËALISME DE UALZAC

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