IM LES HÉRITIERS DB UJ.ZAC
d'Eugénie Grandet, s'en empara. Un des mériles de son art fui la discrétion. Il offrit aux esprits jusies un réalisme sobre, vrai, attachant. Ce n'est point que Gerfaut ne descende parfois à de réelles minuties. Haïs le romancier avait une conception élevée de la vie et de la société. Au lieu d'englober tonte la Comédie Humaine, il s'en tint à l'étude de deux classes : la noblesse et la haute bourgeoisie.
L'auteur du Nœud gordien est pourtant disciple de Balzac, non seulement par l'obsei^ation et par l'art de créer 4es ensembles, mais encore par celui de fixer des portraits i^ssemblants. Le plus souvent ses héros se racontent euxmêmes, se défmissent par leurs propos- Cependant il sait poser des types par voie de description directe, comme le faisait son modèle. On lui trouve alors une rare fiaesse de louche, une habileté de main qui surprend et ravit.
11 n'a pas, il est vrai, la puissante originalité de son Tualtre ; en revanche, il déploie intinimeni de cet esprit ingénieur et affiné qui manque au premier. Ses caractères sont moins profondément creusés que chez l'auteur de Ja Comédie humaine, mais ils sont plus délicatement -analysés. Et comme son cadre est plus restreint, il peut les voir et les présenter sous tous leurs aspects. Il ne s'attache pas et ne réussit pas seulement, comme Balzac, .à peindre les laideurs humaines, les grands vicieux et les {grands passionnés. 11 s'attaque aussi aux êtres complexes et composites. Il tient compte des honnêtes gens, bien que ses personnages soient vertueux plutôt au point de vue mondain qu'au point de vue plus strict de la loi morale.
Charles de Bernard triomphe, là où Balzac pèche le plus.