‹ Le roman en France pendant le XIXe siècleChapitre 46 sur 93 · UI · texte numérisé non relu

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dans la créalioti des natures féminines, fines el nerveuses. On t;arde le souvenir de ses vieilles filles à marier, de ses jeunes filles charmantes, de ses mères iudul|;enles et bonnes, de ses belle-mères spirituelles et narquoises, de tous ces personnages sentimentaux et gracieux, séduisants et mélancoliques qui portent si bien leur date.

Certaines qualités domiDantes de Ch. de Bernard sont, on le voitffort différentes de celles de son initiateur. Elles se résument en une douce ironie de bon ton, en un talent plus adroit que vigoureux, mais d'une très juste tonalité. D^u tous ses romans, tes Aites dleare. Un Beau-Père, le Paratonnerre, Uu Gentiihomme campagaard, la Cimpurn- Mttw, Un Homme sérieux. Gerfaul et maint autre, il a fui avec soin les exagérations, leshors-d'ceuvre fastidieux, toutes les bruyantes déclamations alors en vogue. Il a su s'imposer en esquissant les mœurs provinciales, et rester toujoui^ dans la note élégante de la bonne compagnie. Ajoutons que ses romans sont « écrits ». Le style de Charles de Bernard est châtié, plein de verve et de netteté ; ses dial(%ues courent, vifs et rapides, ses intrigues sont bien conduites. A une époque où les talents les plus musculeux et les plus originaux sont tous poussés à l'extrême, la mesure el le tact deviennent chose â noter : c'est pourquoi nous ne pouvions passer sous silence cet aimable romancier.

Champfleury est, aujourd'hui, si parfaitement oubliéqu'il nous retiendra peu. Ce tut un des « excessifs » les plus e instinctifs n du réalisme. Avec lui, cette formule se borne à la reproduction absolue de tous les types, sauf de ceuii

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qui sont ëlevés. Reproduction' faite sans choix, sans critique, sans l'ombre d'idéalisme, sans pitié ni colère. Ses copies exactes, calquées strictement sur la réalité, lui valurent sa renommée, et c'est ainsi que Champfieury devint réaliste « sans le savoir », à peu près comme M. Jourdain était devenu prosateur.

Il repoussait néanmoins toute enr^imenlation sous un drapeau quelconque : a II m'est impossible, disait-il, de me parquer dans la petite église du réalisme, dussé-je en être le Dieu. »

Quel fut son cycle de prédilection ? Il a peint de piètres mœurs parisiennes, les scènes baroques de la plus basse bohème, ou les impressions monotones de ta vie calme en province.

Tous ses romans abondent en remplissages. Ckien- Caillou, les Amoureux de Ste-Périne. les Sensations ie Josquin, l'Ostirier Blaixot, les Bourgeois de MoUnchart, le» Aventures de M'"" Mariette valent uniquement par une certaine drftlerie. Champfleury se contenta de voir le laid et le bizarre, de ressusciter des bohèmes vulgaires, des grisettes qui sont de vraies k coureuses n, et des bourgeois tout à fait grotesques.

Son esthétique a gardé quelque chose de ces goûts-là.

LE HËALISHË DE GUSTAVE FLAUBERT IBT

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