CHAPITRE IV
Cest par un seul de ses romans, que l'on connaît encore le nom d'Ernest Feydeau. Fanny reste comme un type de réalisme sensuel, intime et poétique. Les enthousiasmes qui saluèrent son apparition allèrent jusqu'à prononcer, a son propos, les noms de Retié et d'Adolphe.
Grâce à son mélange de psychologie raffinée et de volupté, ce roman obtint une \o^ae de curiosité et de scandale. Mais ces succès ne sont point de ceux qui demeurent, , et nul, les leiti-és exceptés, ne songe encore â relire Faiivy. Le suffrage de Sainte-Beuve est loin d'être ratifié par la critique plus calme d'aujourd'hui. Feydeau n'eut donc que d'infimes imitateurs et Fanny resta sans influence.
Quelques autres bons romanciers, un peu oubliés aujourd'hui, pourraient se rattacher au courant réaliste : Arnould Frémy, Mary Lafon, Edouard Plouvier, etc. Hais qui lit encore les Maitrestes parisiennes, du premier, les Mœurs et coutumes de la vieille France du deuxième, ou tes Contes pour les Jours de pluie du troisième ? Les lettrés, oui, assurément, mais la masse liseuse ?
Il n'en va pas de même du plus célèbre des romans de G. Flaubert, JM"" Bovary, qui compte parmi les monuments romanesques du siècle.
AffectueuXj généreux, candide même dans la vie privée,
Flauben fut, sur le lerrain liLiéraire, le plus iniransigeant adorateur de l'Art et le plus farouche conlempteur de U médiocrité boui^oisc.
U y avait plusieurs hommes en lui : le pénétrant observateur qui a écrit M"^ Bovarg. VÉdueatioH leiUimenlale, Bouvard et l'écuebet, et l'iniaginatif, l'érudit, le mystique, le patient reconstructeur du Passé, le fervent de la Beauté que révèlent Salammbô et la Tentation de St-Antoine. Tous se réunirent pour faire éclater le talent de ■ l'arlisie » dans les Trois Contes.
Salammbô et la Tentation de St-Antoine ont avant tout un cachet d'étrangelé. La première de ces œuvres ressuscite la Carthagc antique et se rattache au roman historique : c'est une merveille d'archéologie et de style, pour l'édification de laquelle Flaubert a visité les ruines de l'ancienne cité et fouillé des milliers de volumes ; elle abonde eu tableaux superbes : (le banquet des mercenaires, les liont cfucifiés, etc.)- Mais l'érudition y est un peu indigeste, sans que la splendeur de la langue défende toujours le lecteur contre la fatigue. La Tentation est une rêverie à tendances philosophiques et symbolistes, évocatrice de Tantiquilé et du mysticisme oriental. Ces ouvrages sont isolés, l'un et l'autre, dans l'évolution réaliste qui seule nous occupe.
Un parjIJéle entre Balzac et Flaubert aurait des c6tés tentants. Nous ne pouvons que l'effleurer.
Chez Balzac l'observation de la réalité extérieure était prise comme moyen d'arriver St la connaissance intime de l'homme. Plus systématique, Flaubertrétrécitceiteforraule: son réalisme est plut6t une question de forme et de métier.
n a donné à cette question une importance capitale, et, en plaçant l'habileté au-dessus de l'éinotion, on' peut même dire qu'il lui en a donné une excessive. Ce que le réalisme perdra de vérité générale, il le gagnera, avec l'auteur de SI"*' Bovary, en pré cision minuti euse et en perfectio n de style. Flaubert procède'd'ailleurs de Balzac parce qu'il a 1/ le goût passionné de l'analyse. Il étudie avec pénétration/' l'homme extérieur, tel qu'il se manifeste par sa physionomie et son kabittts : son œil, il est vrai, ne va guère au delà de la surface des choses. Sa psycholojpe s'arrête à débrouiller le milieu où s'agite son personnage : la vie intente, les battements secrets du cœuretlesoufHe libre de t'^ooe n'entrent point aussi bien dans sa conception. Entre tous les détails qui individualisent un type, il choisira les pins significatifs, les seuls absolument significatifs. Il ne deviendra hésitant qu'au moment d'en déduire la conséqa«ace morale.
Balzac, après avoir recueilli, par l'observation, des notes caractéristiques sur ses héros, leur communique ce je ne sais quoi de grandissant qui est dans son rêve, il les grossit, les lance avec fougue à travers mille aventures romanesques, les entoure d'un décor fantastique, intervient sans cesse, insconsciemment, pour leur insuffler quelque chose de lui-même. Flaubert, au contraire, reproduit la vie réelle sans que jamais sa personnalité apparaisse. De là provient peut être son infériorité vis-à-vis du premier quant à la création des ensembles, où lartiste doit se jeter corps et Ame pour réussir.
Son réalisme diffère encore du réabsme balzacien, en ce
leo LE RËALISHE DE GUSTAVE FLAUBERT
qu'il tend souvent à prendre, pour matière de l''œuvre d'art, les abjets dénués de beauté, les objets vulgaires el médiocres. Balzac élail ailti'é vers le tragique : il a décrit, jusqu'à leurs dernières notes, le laid, le vicieux, l'horrible, séduit par la grandeur que peut renfermer ce qui est repoussant. Flaubert est entraîné de préférence vers le plat, la peinture de la sottise mesquine et de la bètîse. Nous le verrons bien en analysant son pessimisme.
Ce que Flaubert fut avant tout et toujours, c'est un arliste convaincn et conscient, théoricien et non seulement instinctir. Toute la religion de sa vie peut se résumer dans le culte des lettres. C'est parce que la bêtise bourgeoise est la plus grave insulte à l'art, qu'il la hait d'une haine si féroce.
Envisageons en lui l'idéaliste qu'il était par ses aspirations, le réaliste qu'il fut par son œuvre el que ses procédés devaient l'amener à devenir ; pui.!!, le pessimiste, et, enfin Vartisle.
Son idéalisme tenait & son romantisme. En 18^ti, époque où Flaubert est en possession de son talent, la fortune du romantisme était complètement ruinée à Paris, mais se prolongeait encore en province. On peut même dire que la docirine y donnait alors pleinement ses effets. Or, Flaubert resta provincial jusqu'à son dernier jour. Il fut romantique par l'idéal qu'il se faisait de la passion. Il le fut encore par ce lyrisme qui déborde de lui, qui s'est épanché librement dans Salammbô, et dont on découvre le feu latent dans Madame Bovary. Que de fois l'expression
LE RÉALISME l)E tiUSTAVE FLAUBERT 161
s'y fait pompeuse et solennelle pour iraduire le détail vul- ^ire ! Si c'est contraint, pour ainsi dire, par une puissance mysiépieuse, qu'il a été réaliste dans ses romans, il est certain que se» goflts le portaient vers le genre épique. II fut romantique, enfin, par cette haine du bourgeois, qui est presque maladive ehe» lui, par son amour pour les métaphores hardies et neuves, les griseries colorées et sonores de la phrase.
L'idéaliste, qui était au fond de sa nature, lutta donc loule sa vie contre le réaliste qu'il voulut être. Le grand dogme du réalisme c' est l'im pe rsonnalité. Or, malgré lui, la sensibilité 'dë'Flaubert troue ce voile d'impassibilité dont il cherche à s'entourer. Elle se trahit par la vuepersonnelleetiutinimeut délicate qu'il a des choses. Cependant Flaubert fut le plus grand apAtre de TimpersonnaliEé. C'est par là que son réalisme tourne à l'excessif et au systématique. L'œuvre d'art, d'après lui, était polluée par le fait seul que les sentiments où les idées de l'artiste se faisaient jourpar quoique cefûtquî sentit la thèse. « Il n'admettait pas, dit quelque part M. de Maupassanl (1), que l'auteur fut jamais même deviné, qu'il laissât lomber dans une page, dans une ligne, dans un mol, une seule parcelle de son opinion, rien qu'une apparence d'intention. » Et H. de Haupassant ajoute ; a il devait ôlre le miroir des faits, mais un miroir qui les reproduisait en leur donnant ce reflet inexprimable, ce je ne sais quoi de presque divin qui est l'art, s j
(I) Ëtade sur G. Flaubert, en léle de l'édition Quamin de Bouvard et Pécuchet (in-S").
tes LE REALISME DE UUSTAYË FLAUBERT j
Cela aboutit chez lui k une absence complète d'éoioiion. |
Ses chefs-d'œuvre sont fi'oids (1). Flaubert eBiiadifférent aa <.
bien comme au mal ; une seule chose le tire de son impas- {
sibililé : le plaisir de douer au pilori quelque laideur 1
morale, de la bafouer, de s'emporter contre elleen luribonds i sarcasmes. Sa ihéorie du réalisme se réduit k soutenir que
c tout acte bon ou mauvais n'a pour l'écrivain qu'une |
importance comme sujet à éeiire, sans qu'une idée de bien j
ou de mal puisse y être attachée : il vaut plus ou moins I
comme document littéraire et voilà tout >. |
C'e;t en ce sens qu'il entendait celle formule, sujette à I
taDt d'interprétations : CArt pour Cart. .
Flaubert se révèle encore réaliste oulrancier, parce qu'il ramënu impitoyablement les sentimenis et les idées aux
Mais il se sépare de l'école de Champfleury, car il ne décrit pas servilemenl les faits, pour les décrire, sans lâcher de comprendre les causes d'où sortent les effets. Il a constamment protesté contre l'épithôte de réaliste, tant il craignait que l'on confondit son art créateur avec la stricte et courte copie des réalistes étroits.
Ce qu'il montra surtout, c'est un grand souci de véracité. On trouve dans ses œuvres la manifestation d'une vue pénétrante et aiguë, d'une faculté curieuse de débrouiller les mobiles des actes el les phases de la passion. Flaubert subit la hantise d'être vrai et de peindre avec vérité. 11 poussa jusqu'à l'extrême ce scrupule. On cite en souriant
(l) On pourrai! faire exception (tour Vn Cœur simple.
cetlevisièredelaqasquelte de Bovary que l'écrivain se reprit . à dix rois pour nous dessiner. Ainsi est-il toujours cl en tout soigneusement documenté.
En résumé, le réalisme a été renouvelé par Flaubert en ceci, que, rdigieux observateur de la vie réelle, notre auteur a cherché et trouvé les traits caractéristiques qui personnalisent tout détail de cette vie, et qu'il a, pour les rendre, choisi tes mots les plus adéquats, les seuls strictement adéquats à la réalité.
Il semble vraiment que le peisimisme soit inhérentau réalisme. Le spectacle et la notation de l'existence telle qu'elle ^ est, entraînent invinciblement l'analyste en de douloureuses méditations. Cependant, si tous nos réalistes sont pessimistes, encore ne le sont-ils pas au -même degré, de la m6me manière et pour la même cause. Chez Flaubert ce mal parait avoir été subjectif. Chez Balzac, il provenait de sa conception de la vie et de la société contemporaines. Elles lui parurent laides et tristes, parce qu'il en sonda les maladie» les plus desséchantes et les plus odieuses. Pour Flaubert, le mal de la vie est indépendant du temps. Le fond de sa philosophie est ceci : l'komme est une misérable dupe qui nepeul trouver le bonhsur que dans la tranquillité, et celleci, il ne peut l'acquérir qu'en rejetattl la scieiieequi, au fond, est inconnaissable, et ai se désintéressant de ses actes qui sont te jouet du destin. Son pessimisme vient du seniiment qu'il a de la disproportion existant, d'une part, entre ses rêves, son idéal artistique, ses aspirations vers la Beauté,
■lui LE HËALISHE DE GUSTAVE PLAUBERT
et, d'autre part, la |)Uiitiide inévitable du milieu anibianl(t). Cette disproportion lui semble universelle ; elle le frappe, précisément parce qu'elle lui est plus personnelle. Aussi l'on constate que, dans ses œuvres décevantes, celte disproportion revient toujours pour causer le malheur ou le ridicule de ses héros.
c C'est, — suivant M. Paul Bourget, — une loi constante aux yeux de Flaubert, que tout effort humain aboutit k no avorteœent, d'abord parce que les circonstances extérieures sont contraires au rêve, ensuite parce que la faveur même des circonstances n'empdcherail pas l'âme de se dévorer en demandant l'assouvissement de sa chimère (S). »
Impossibilité matérielle d'atteindre son idéal, telle est 6D résumé la source de sa misanthropie. Dès lors, la pensée, qui permet de mesurer cette impossibilité,' est l'ennemie du bonheur humain : d'elle seule naît tout le malheur des êtres doués d'une âme. Par Ifi encore Flaubert se retourne contre la personnification de la platitude qui l'entoure : la sottise, la bôlise bourgeoise.
On sait, d'ailleurs, qu'il n'attachait à cette épilhète de bourgeois aucun sens lié â quelque classification sociale, u J'appelle bourgeois, disait-il, quiconque pense bassement. »
Comme il était vibrant, impressionnable au suprême degré, tourmenté de rôves sublimes, d'art et d'épopée, cette
(1) On pourrait, à ce propos, faire un rapprocbement curieux entre te pessimisme de Flaul>erl et celui de Chateaubriand. Le& deux génies avaient d'ailleurs des affinités nombreuses.
(â) P. BoDRGBT -.Essais de Psychologie contemporaine. Étude sur G. Flaubert.
bétise humiiine, au lieu de le rendre doucement ironique, fît de lui un sarcasiîqiie amer et enflammé. C'est en pesant ces raisons qu'il faut entendre sa boutade célèbre : € C'est étrange comme je suis né avec peu de foi au bonheur. J'ai eu, tout jeune, un pressentiment complet de la vie. C'était comme une odeur de cuisiiie nauséabonde qui s'échappe par un soupirail. On n'a pas besoin d'en oBoir mangé pour savoir que c'est à vomir. » Cependant Flaubert savait, à ses heures, s'f'^ayer. Il aimait, dans ses relations privées, le rire, les farces, les plaisanteries ; il les aimait lourdes et grosses, triviales et gauloises, et son esprit liliéraireen a subi parfois quelque conire-coup. Il n'entrait en rage que lorsque sa bëie noire, la sottise, montrait un bout d'oreille. Par exemple, il en fut harcelé toute sa vie : il la voyait lapie et embusquée partout. C'était, de lui à elle, une haine à mort, et il mît son amour-propre â la traquer sans répit. Un livre étrange, Bouvard et Pécuchet, fut la râsulianle de cette obsession.
Arrivons à l'artiste. Flaubert fut un type de probité, littéraire. Il chérit les lettres uniquement, sans autre amour, sans autre ambition que celle de les servir. La perfection de la forme était pour lui l'œuvre même. Il se constitua ' l'apAire du dogme de l'art pour l'art, dont Th. Gautier s'était fait le précurseur enthousiaste. Mais en regard de Flaubert, Th. Gautier, bien mieux doué cependant, ne fut qu'un virtuose.
La théorie artistique de l'auteur de il/'"* Bovary était.
166 LE REALISME DE GUSTAVE FLAUBEHT
elle, absolument neuve. Elle a été détinie par M. Bourgel, auquel nous l'emprunlons dans ses grandes lignes (1).
u Flauberl considère dans l'honinie une luite d'idées, 4'émotions, de sentiments, traduits par certaines images : parmi toutes ces idées el ces images, la tache du romancier doit être de chercher celles qui dorainenl, qui reviennent le plus souvent, et de voir comment elles reviennent. »
L'auteur de Salammbô employa la phrase romantique que HugoeCGautieravaient renouvelée, â peindre ces images qui hantent un cerveau. Le moi de ses personnages se compose d'une foule de pelits faits. Mais au lieu que ces faits soient exposés daus le style sec et froid de l'analyse, dont usait Stendhal, ou dans la phrase de Balzac, difluse et pléthorique, ils te sont dans unu langue à la fois sobre et pittoresque, d'une cohérence el d'une correction irrésistibles, pleine de sonorité, d'harmonie, de couleur, de rythme el de relief. Les métaphores n'y sont point de la simple rhétorique, des effets conventioimels : elles servent à fixer avec éclat et justesse un détail du moi des héros. Comme styliste, Flaubert n'est pas exubérant, il est exact, patient, minutieux. De même que, dans la multitude des traits qui constituent une individualité, certains seulement personnalisent et caractérisent celte individualité, de même, dans l'ensemble des termes qui peuvent rendre un objet, un paysage, nn être, il en est un qui, seul, convient absolument et précisémenu Flaubert croyait qu'il n'existe qu'un mot pour bien dire la chose. C'est ce mot que doit découvrir l'artiste.
(tj Elude cîiée plus liaut.
D.,nz,at,G00Qlc
Tandis que Th. Gautier, buttant devant la vaine recherche d'une expression vraie, avait i-ecours à sa palette de peintre, â sa ùnlaisie de poële pour tourner la difficulté, Flaubert s'y efforçait et travaillait jusqu'au triomphe.
11 choisissait avec rigueur et assemblait avec effort les matériaux triés (1). n
Il voulait que les termes fussent h la fois significatifs et iTtbmiques. Aussi connut-il toutes les affi-es du style; et, pour la gestation d'une petite phrase, ou même d'un seul membre de phrase, endura-t-il des souffrances atroces.
C'est par ce travail extraordinaire auquel ît soumet la langue, que Flaubert à mérité sa réputation d'artiste impeccable. C'est par là aussi que son influence aura été grande. En inspirant aux écrivains le < souci d'écrire >, il a arrêté la dégénérescence du roman français, dont la forme élailsi menacée par les intempérances des imitateurs de Balzac, et surtout par l'invasion du roman-feuilleton.
Flaubert sut rajeunir et renouveler l'art de la description. Ce n'est plus cet ensemble de larges traits brossés, d'oii l'on fait jaillir l'épisode typique, ou cette succession d'épisodes, peints par petites touches, comme chez Hugo et Gautier : les descriptions de Flaubert sont alternées; il pousse d'un même mouvement tous les éléments de l'action. Il en résulte une impression de réel qui est d'une rare intensité. Dans ce sens, on peut encore dire qu'il fut un vrai représentant du réalisme. Les œuvres du matlre qui appartiennent surtout à l'inspiration réaliste
(i) Heknequin : Quelques écrivains fronçais.
sont : rÈdiuation seulimetitale, Bouvard et Pécuchet et Htatlame Bovary.
Dans l'Education sentimenlaie, Flaubert a outré son impassibilité, son dédain du sujet, sa préoccupation de la forme seule et sa poursuite de la sottise. L'konime est négligé pour la transcription de ses attitudes extérieures, mais celles-ci, d'où ressort la médiocrité banale de certaines ries, soiiljusteraentenregisirées.
Quant â Bouvard et Pécuchet c'est, comme je l'ai dit déjà, la résultante naturelle d'une obsession dont l'écrivain était victime. Il suppose deux pauvres copistes, assez, simples d'esprit, mais cependant dans la mesure moyenne, c qui s'établissent à la campagne, poury exercer successivement, le manuel Roret à la main, une foule de métiers. > {i) Cest une revue fatigante et ennuyeusede toutes les sciences, telles qu'elles apparaissent aux intelligences médiocres et ingénues. Conclusion : troubles, ennuis, désagréments, malheurs et ruines. Les deux bourgeois ne retrouvent la paix qu'en se remettant à leur métier de copistes. Dans sa thèse comme dans ses épisodes, cette décevante aventure est d'un réalisme outré.
Madame Bovary, le chef-d'œuvre de Flaubert, marquera .toujours dans l'histoire du roman français. II fut publié au moment où le romantisme était en pleine défaveur. La question du réalisme se posait. Celui de Balzac avait des côtés- vulgaires, un arrière-fond de romanesque : ses héros étaient, sous certains aspects, des exceptions : les événe-