‹ Le roman en France pendant le XIXe siècleChapitre 5 sur 93 · LES ORIGINES IMMÉDIATES · texte numérisé non relu

LES ORIGINES IMMÉDIATES

refondre dans l'œuvre du grand iailialeur, du vrai père du roman français au xix* siècle : Jean-Jacques Rousseau.

Celui-ci esl bien, depuis la Pléiade, le plus personne et le plus lyrique des taiseurs de romans. C'est la Nouvelle Hélmse qui, dédaignant le genre frivole et cavalier, introduit en France le « roman-passion », où l'amour exalté se déchaîne sans entraves, où l'homme crie et sanglote les cris et les sanglots de son cœur et de sa chair, attentif seulement à ce qu'il ressent, brisant avec une rhétorique fi*oide et conventionnelle, prenant la nature à témoin de ses peines, conjurant les éléments et trouvant, dans cette communion avec lemonde créé, la satisfaction de ses désirs, l'apaisement de ses tourments.

La Nouvelle HéloUe forme le premier anneau de celte chaîne, à la fois séduisante et perfide, qui réunit Atala, René, DelphUie, Corinne, Valérie, Adolphe, etc., toutes les œuvres de l'école individualiste où apparaît déjà, avec le romanesque, cette note de pessimisme amer et énervant qui, elle aussi, va devenir presqu'inhérente au roman.

Apràs le caractère personnel et lyrique qui vient d'èlre signalé, ce qui distingue d'une manière générale, en ce siècle, le genre que nous étudions, c'est la liberté artistique, née de la révolte contre le classicisme, qu'inaugura Châteaubriand. C'est encore l'esprit démocratique soufflé par la Révolution^ et, enfin, le sens critique que développèrent surtout les littératures étrangères.

Jusqu'à la Nouvelle Héloise, les manifestations du Moi étaient d'autant plus exceptionnelles que l'instinct de bon

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