ET LE ROMAN IDEALISTE
du roatao esl aussi admirable de lyrisme et d'élévation que le fond en est condamnable.
Après celte lempéte, en 1834 et en 1836,G.Santl voyage. SiHi livre, les Letlres d'un voijogeur, appartient au genre des confessions personnelles ; on y devine l'apaisement descendu dans son âme el mêlé à des aspirations vers l'art et la poésie.
Mais un nouveau travail se faisait en elle.
D'après M. F. Brunetîère (1), il se produisait dans sa nature une réaction contre les excès de l'individualisme, t^lui-ci, en effet, s'il esl vrai de dire que l'observation de soi-même profile toujours à la masse, a le ion d'affaiblir l'inlérôt que l'on porte à l'ordre social, et conséquemment d'éleindre la charité, en faveur d'une personnalité isolée. L'homme qui reste absorbé par les blessures de son moi ne songe guère à pansercellesde ses frères. Pourtant l'individu est redevable à la société, avant tout, de l'ensemble des conditions sans lesquelles sa personnalité n'eut même pu se développer.
Cest à cette réaction qu'il faut attribuer en partie l'avènement de la deuxième manière de G, Sand : sa campagne tocialiste. Mais ne pourrait-on, mieux encore, l'associer à la marche générale des esprits?
A l'époque romantique, quand l'imagination et le sentiment se soulevaient contre les vieilles entraves, G. Sand a publié ses œuvres de revendications. Entre 1833 et 1836,
(I) L'Evolution du lyrisme,ele.-, par M. F. Brunetiërs.
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le socialisme commence à tnquiéler les âmes. Le romancier csl emporté dans le mouvement universel. G. Sand se mâle au tourbillon. Comme elle est sujette à subir les influences, comme elle s'assimile vite les pensées et les concepts d'aulrni, Pierre Leroux et Lamennais ont pu eiercer sur elle un ascendant despotique. Elle va de prime abord k tous les exlrémes. 11 est vrai que le socialisme litléraire qui règne alors est encore une révolte contre les escës de l'individualisme, révolte soufflée par ce grand ennemi du • vtûi • : Lamennais.
Le socialisme de G. Sand s'épanouit dans Spiridion, les Sept Cordes de la Lyre, le Meunier d'Atigibauit, le Péché de M. Antoine, et le Compagnon du lour de France : elle y prône le panthéisme, le mysticisme, le communisme, toutes les redoutables utopies « en isme >. Elle est surtout philosophique dans te Meunier d'AngibauU cl lyi'ique dans le Compagnon du tour de France. Tous ces travaux, oil abondent des modèles de style mélodieux et délicat, trahissent l'inspiration de Rousseau, de Chateaubriand, de Lamennais, de P. Leroux, de Byron, de Gœthe, d'HolTmann, etc. Hais le roman à thèses est, esthétiquement, le plus difficile à rendre attrayant. Ceux de G. Sand sont nuageux, contradictoires, monotones et creux. Ils regoi^nt de déclamations. L'auteur n'a guère compris les idées dont il s'est fait le magnifique et retentissant porte-voix.
Tout cela fait que ses rêveries politiques offrent moins de danger que ses revendications personnelles. L'individualisme y est combattu; le désintéressement, l'amour