‹ Le roman en France pendant le XIXe siècleChapitre 66 sur 93 · AVËNEUCNT DU ROMAN-FEUILLETON SI · texte numérisé non relu

AVËNEUCNT DU ROMAN-FEUILLETON SI

auteur de la trop célèbre M"' Giiatiii, ma femme ; ei^ enfin, le grand favon des concierges et des ouvreuses, M. de Honlépin, qui représente de façon typique le roman-feuilleton jusqu'en ces dernièpes années ; Sa Majesté le roi du monite, le Mari de Marguerite, etc., sont dans tons les olfices et dans toutes les loges.

Il convienl, disais-jc plus haut, de mettre à part Gustave Âimaid, G. Ferry, de la Landelle, peintres colorés de la vie américaine. Les imitations de Cooper, que publia G, Ferry, lex Trappeurs et les Aventuriers de G. Aimard sont pleins de verve. Quant à M. de la Landelle, il se fit une grande réputation dans le roman maritime. Il a bien vu les mœurs des matelots, 11 a compris leur âme, analysé leurs sentiments, étudié leurs joies et leurs tristesses. Il a mis en scène leurs passions et môme leurs vices, et il a chanté la grandiose poésie de la mer. La Gorgone et une foule d'autres romans du môme genre, atteignent de remarquables effets dramatiques.

Ou aime à rappeler ces noms à côlé de ceux de tant d'écrivains qui abusèrent de leurfacililéet de leur talent, dans un but de spéculation, pour flatter, tromper, dépraver les intelligences inférieures. Le roman -feuilleton a été un des pires agents de la décomposition littéraire auxix' siècle. Son œuvre démoralisatrice n'est balancée par aucune tendance esthétique. Il est le père de ces romans pornographiques et imbéciles, répandus â foison dans le peuple, et dont les

s» AVÈNEMENT DU ROMAN-PEUILLETON

auteurs relëvenl plutôt de la cour d'assise que du tribunal des gens de lettres (1).

(1) Un grand nombre des romanciers indiqués plus haut figurent sons la rubrique du roman-reuilleton.â raison surtout de la laveur exclusivement poputaiVe qui s'attacha â leurs écrits, et de leur manque de visées artistiques. Aujourd'hui, d'ailleurs, le romanfeuilleton n'existe plus comme genre à part, nettement défini : tous les romans, même les mieux ouvrés, sont désormais publiés d'abord dans les fascicules des Revues ou au rez-de-chaussée des journaux.

LE ROMAN SOCIAL

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