MO H. EMILE ZOLA
le mysticisme, la Faute de l'abbé Mourel, la révolte de , l'instinct contre la règle religieuse. Germinal, la guerre liu capital ei du travail — car le romancier est un cootiiiuaieur du (I roman social », etc.
M. Zola ne tient^il pas aussi de son tour d'imagination romanlique ce goût du merveilleux, cetlo ptédileciion et celte aptitude géniale à composer des tableaux où éclate un fantastique terririanl, comme les incendies, les orages, les inondations?
Notons enfin un dernier point qui l'apparente encore au Victor Hugo de Noire-Dame Ae Paris : c'est la tendance à faire absorber l'individu par le milieu ambiant, à commu- ; niquer aux choses les manifestations d'une vie mystérieuse. Nous avons vu que, dans Noire-Dame de Paris, les pierres même vivaient. Chez M. Zola, ce phénomène ultra-romantique se reproduit à chaque instant. Dans la Faute de l'abbé ilOHfet, le vrai personnage vivant et agissant du livre, c'est un jardin fantastique ; dans le Ventre de Paris, c« sont les Halles ; dans te Docteur Pascal, c'est l'arbre généalogique des BougojiMacqaati ; dans VAssommoir, c'est l'alambic du Père Colombe, qui distille l'alcool ; dans la Terre, c'est le sol; dans Germinal, c'est le Vorevx. VA ce n'est pas inconsciemment, c'est avec sa pleine volonté que le romancier dispense aux forces articulées, aux choses qui
tombés d'accord, avec M. T. de Wyïewa, que i< Lourdes est un mauvais roman, plus pesant, plus élouSant que pas un de la série des Rougon-Macquart ». Tous ont conclu que « jamais H. Zola n'avait écrit un livre qui senUt davantage la facture, le procédé, la tiflle d'en avoir fini ».
ET L'EVOLUTION NATUKALfSTE Î61
consiiment un milieu, une existence tour à lour humaine ou quasi surnalurclle. Il nous fait voir le Voreux < avec son air mauvais de bfile goulue, accroupie là pour manger le monde ». Dans la Bêle humaine, « la Louise », une locomotive, lancée à touio vapeur, devient folle et enragée... L'homme, par un comble du conventionnel et du factice romantiques, est inerte sous l'action externe: les choses! l'enserrent et le mëneni à leur guise.
Nous ne songeons pas à être injuste pour M. Zola. Mais, s'il faut reconnaître qu'il conduit habilement une intrigue, qu'il sait poser et suivre un caractère, qu'il a une force stupéfiante, de la patience de déduction, une verve farouche et une ardeur à la fois triste et enflammée, force nous est encore de lui dénier cet art de la composition que Balzac possédait à si haut point et qui ne manquait cènes pas à Flaubert. Observons l'auteur de Nana dans le choix de
fSes personnages et dans la construction de ses cadres.
Pour ses types, nous avons déjà remarqué qu'ils oscillent souvent entre la brute et le mannequin, l'homme extérieur
'. existant seul pour le romancier, qui ne pénètre pas jusqu'à l'être intérieur. Mais comment conçoit-il cet homme extérieur ï Nous l'avons dit : dans la vie, l'homme *■ —
plexe et varié ; nous le voyons ici étonnamm
. Si M. Zola nous expose les actes de l'homme, i et la preuve de son existence, il semble incapal en déduire les mobiles.
u n se contente, dit justement M. René Ik dessiner une physionomie de saisir le trait le plu