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grand nombre n'est pas sorii de ta médiocrité. Les enregistrer sérail donc inulile, puisqu'aussi bien, dans la marche du roman, leur action- semble paralysée. Nous n'avons pas non plus à nous inquiéter des naïfs qui voulurent imiter ce qui piéciséinent reste inimitable cbez M. Pierre Loti.
M. Hector Malot, rattaché à Balzac dans une célèbre étude de Taine, est un romancier des plus féconds : Zyle, rAuberge du monde, Une Honne Affaire, Micheline, le Sang bteti, les Mitlions Imiletix, le Lieutenant Bonnet, Pompon, Madame ObernUi, Anie, En famille et surtout Sans famille lui ont acquis la notoriété. Son réalisme parait très raisonné et sufSEammiint pondéré. L'écrivain ne fait point fi de la beauté morale et il aime à fixer des scènes portant avant tout ia marque de notre époque, reproduisant nos agitations et les complications de l'existence présente ; par contre, il analyse des sentiments qui sont de tous les temps. La < vie moderne s, qui l'attire, le rapprocbe des impressionnistes, pendant que la préoccupalion d'un but à atteindre en écrivant, d'une portée à donner à son récit, le range parmi les romanciers à thèse. Sa conception de la destinée est souvent frappée de l'empreinte pessimiste.
L'art de M. Malot est sobre et réfléchi. Les grossièretés naturalistes lui répugnent. Il eut le mérite, en publiant Sans famille â l'heure où le naturalisme triomphait avec tapage, de protester contre cet engouement par une œuvre chaste et saine. Il a, pour celle fois, renoncé à l'impassibilité réaliste ; la sentimentalité modérément alten-
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dpie est, dans Sangfamilie, vraimeni pénétranle. Narrateur et observateur, M. Halot ne crée point des types colleclik et puissants comme cens de Balzac : les siens sont intéressants, mais ils manquent de souflle et de continuité. La souplesse, la varii^té, la clarté, le don de la composition et de l'intrigue, le mélange d'une réalité juste de ton avec un certain idéalisme, l'horreur de la vulgarité et des exagérations de tout genre, ont contribué k doter M. Malot d'une renommée discrète et méritée.
Nous devons être plus sévère pour M. Jules Claretie. Ce qui lui manque surtout, ce sont las facultés créatrices. C'est un « imitateur » avisé et M. Daudet fut son principal modèle : il s'en est inspiré pour combiner ses tableaui parisiens. Comme l'auteur du Pfabab, il a pris ses héros parmi les personnalités en vue, prêtant aux aventures à clef» ; comme lui aussi, il a beaucoup improvisé. Mais il n'avait pas l'art intuitif de son maître et l'improvisation ne lui a pas toujours réussi. Ses romans les plus connus : Monsieur le Ministre, Candidat, le Prince Zilati, le Million, le Troisième Dessoits, ont pai fois l'air bâclés à la vapeur, accusent des négligences et montrent leurs ficelles. Son impressionnisme est à fleur de peau. M. Claretie ne creuse pas suffisamment ; il observe d'un œil, ne prend pas toujours la peine de varier ses expressions non plus que celle de nuancer ses effels ou ses points de vue. Se tenant à l'afTai de la « curiosité n, épiant la vogue, tâtant le pouls au goût du jour, il s'est, inconsciemment sans doute, car c'est un travailleur probe et non un bouievardier, asservi à flatter le public dans ses préférences, à lui présenter les
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plais qu'il aime à l'heure précise où son appéitl les réclnme. Curieux de loul, en apparence, mais versatile et oublieux des impressions ressenties, cet auteur a transporté dans le roman impressionniste ce que la critique a appelé le reportage Les rapports de l'art romanesque, entendu comme il l'entend, avec cette enquête rapide et superficielle qui constitue le métier du reporter, sont en effet significatifs. L'auteur du Prince Ziïah a « fait du roman > comme on i fait du journalisme » : môme hâte, même fécondité, même acceptation facile des documents de seconde main et non contrdJés, même hanlîse unique, non pas seulement de la modernité, mais de l'aclualilé passagère, même verve factice du style.
La variété extrême des aptitudes que M. Clareiie a reconnues en lui est peut-être la principale cause do l'émietlement de son talent et de l'absence d'individualité qui nous fi'appe dans ses œuvres. II n'a pas la sensation propre, et, celle qu'il a, il l'exprime de façon incomplète. C'est, par excellence, un romancier de lecture facile : en chemin de fer, dans la distraction des spectacles imprévus, l'esprit flottant et éparpillé, l'altenliou coupée par les arrêts dans les gares ou les entrées et sorties des voyageurs, on lit ces livres avec amusement : c'est un de leurs principaux mérites. Nous serions toutefois injustes en ne citant pas deux i-omans de M, Claretle, très supérieurs aux autres : I Robert Ourat et Madeleine Berlin.