LE ROMAN HISTORIQUE PENDAIIT LA PÉRIODE CONTEMPORAINE
Le roman historique s'esl affirmé le plus indépendant. II a traversé tous les courants sans se lier exclusivement ni essentiellement, soit au réalisme, soit au naluraiisme, soit à la Révolution ou au prolétariat. Faisons exception toutefois pour les feuilletonistes, asservis aux passions populaires. II semble que les outrageantes libertés prises par eux avec l'histoire en aient, pour quelque temps, détourné la plupart des romanciers de valeur.
Mous mettons hors de pair la Momie de Th. Gautier et Sahmmbô de G. Flaubert. Ce sont là moins des romans que d'habiles et curieuses reconstitutions des mondes disparus. L'homme y fijçure très peu ; il n'y intervient, comme on l'a remarqué, « qu'ù titre de détail secondaire d'architecture ou pour servir de soutien à un péplum ou à une chlamyde ». Ces évocations n'en ont pas moins leur importance au point de vue esthétique, car elles sont faîtes avec patience, avec an, et témoignent d'une grande puissance Imaginative. Mais elles relèvent plus de la science archéologique que du roman.
Fondé par Vigny, Mérimée, Hugo, exploité adroitement par Alexandre Dumas, le vrai roman historique a gardé la physionomie romantique de sa brillante jeunesse. Très
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longtemps il répondit au goût français et au goût du xiK* siècle. George Sand ei Balzac eux-mêmes n'ont point résisté à ses attraits. Nous rappellerons les Beaux Messieurs de Bois-Doré de la première et les Chouans du second. Une des branches du genre.le récitade cape et d'épée». était bien conforme au génie de la race et il eut un succès considérable. Mais ce fut lai précisément qui, devenu la proie des feuilletonistes, y apporta les germes de ruine. Dans sa fièvre romantique, il poussait l'esprit h une telle bauieor de fantaisie qu'il négligeait la réalité des faits, altérait les documents et charriait les plus grotesques erreurs dans son mouvement endiablé.
Deux romanciers de grand talent, HM. Charles d'Béricault et Buet, â l'époque même où le réalisme triomphait, essayèrent de rétablir le respect de la fidélité historique et de rendre à ce genre, qui est bien une des conquêtes du XIX" siècle, son caractère précis. Leur œuvre demeura pour ainsi dire isolée, ce qu'expliquent plusieurs causes, II faut, pour réussir ici, un travail constant, non seulement à l'effet de conquérir une érudition complète, mais encore afin que la science ne dessèche pas l'imagination. Cela découragea les imitateurs. De plus, il y avait, à l'heure où ils commencèrent d'écrire, assez longtemps déjà que le roman historique régnait et le goût français est fort changeant.
Nous avons prononcé le nom du romantisme. Pendant que tous les élans allaient au naturalisme, son ennemi juré, quelques chevaleresques tenants de l'ancienne école s'attachaient à en maintenir les traditions. Celui qui se fit