Salesbieres
2. Le texte contenant ces dernières remarques est donné par Brakclmann (Zeiischr. /*. deuUche Phil,^ XVIII, p. 90), qui cependant leur prête une importance qu'elles n*ont pu avoir que pour le roman biographique de Brunor.
arrivent ensemble à un pont défendu par un chevalier. Tristan affecte d'éviter la joute, et Keu, qui lo prend pour poltron, abat le chevalier. A l'hôtel, ils trouvent Brandelis et Thory le fils d'Ares^ tous deux, comme le sénéchal, en quôte d'Arthur. On se moque beaucoup de Tristan ce soir-là. Keu n'a pas daigné lui demauder son nom, du moment qu'il a appris qu'il est de Gornouaille. Le lendemain, ils se séparent ; mais Keu et ses compagnons ont envie d'éprouver Tristan. Ils vont l'attendre à un carrefour voisin et joutent avec lui ; mais il les abat tous les trois et continue sa route. Keu et Brandelis le rejoignent, près d'une fontaine, et s'excusent de leur conduite à son égard. Tristan consent à leur dire son nom, mais ne leur permet pas de l'accompagner.
74 a. Une demoiselle conduit Tristan à une tour. Il y voit une autre demoiselle qui va trancher la tête au roi Arthur, maintenu par Tristan sauve deux chevaliers (f* 120). Tristan tue l'un, abat l'autre et délivre le Arihur. roi, qui tue à son tour la demoiselle et le chevalier survivant. Le roi raconte à son sauveur que la demoiselle était venue à sa cour dénoncer un chevalier qui avait tué un des j)arents d'Arthur ; il l'avait suivie : après qu'il eut tué le chevalier, la demoiselle lui avait proposé une autre aventure. Il s'était laissé mener à la tour de la forêt de Darnantes, où elle lui avait mis au doigt une bague féée qui lui fit oublier la reine et aimer la demoiselle. Enfin une des demoiselles de la dame du Lac lui avait été la bague et l'avait jetée dans une rivière. Sur son conseil, Arthur allait, pour sauver sa vie, couper la tête à sa geôlière ; mais celle-ci avait appelé ses deux frères : elle allait tuer le roi, lorsque Tristan était venu le sauver.
Arthur et Tristan rencontrent Hector des Mares en quête du roi. Tristan blesse Hector, le renverse de cheval et s'éloigne aussitôt. Le roi va avec Hector loger dans un hôtel, où il restent deux jours ; le troisième, ils voient arriver Brandelis *, qui dit tout de suite à Arthur qu'il a été délivré par Tristan. Le roi voudrait essayer de le rejoindre; mais Brandelis ne sait pas où il est. Lamorat lui avait appris que Tristan et
a. 7&6 ajoute : et Keu.
chevalier errant, avait dé&é les chevaliers de Marc, en avait abattu dix et enfin le roi lui-môme : Tristan l'avait délivré deux fois de la prison ofi Marc l'avait enfermé ; plus tard le roi des Cent Chevaliers, ayant envahi le pays pour se venger, en avait retiré son armée pour l'amour de Tristan, dès qu'il l'eut reconnu, pendant qu'ils se battaient à la Fontaine de l'Ombre* ; — enfin la mort du géant Taulas. C'est par l'exil, ajoute Tristan, qu'on récompense celui qui a rendu de si grands services à la Cornouaille.
Quand il est parti, Iseut monte avec Brangain au haut de sa tour et regarde, désolée, le vaisseau qui s'éloigne.
106. Nos voyageurs abordent près de Camaaloth. Trislan déclare qu'il ne veut plus aller à la cour d'Arthur : il n'est pas assez renommé ponr y paraître. Cette modestie plaît beaucoup au chevalier qui l'accompagne. Tristan, ayant chargé les marins d'annoncer sa vengeance à ses ennemis de Cornouaille et de dire à Iseut que son bonheur dépend de son amour pour lui, se livre pendant quelque temps à son chagrin. En recevant le message de son amant, Iseut reprend courage, et le roi Marc regrette de n'avoir pas suivi le conseil d'Andret.
Tristan, ayant perdu de vue le vaisseau, se met en chemin avec le chevalier inconnu. Celui-ci lui raconte qu'il a été récemment fait chevalier par Arthur. Le roi a tellement loué la prouesse de Tristan qu'il est parti, avec douze autres chevaliers nouveaux, pour trouver le héros et l'amener à la cour. Son frère, le chevalier à la cotte mal taillée, lui a conseillé d'aller chercher Tristan en Goraouaille. Lui-même se nomme DJD&dBD. Dinadan ^.
1 . Les exploits de Tristan contre les rois de Norgales et des Cent Chevaliers n'ont pas été racontés auparavant dans notre roman.
2. Var. Dynadam, Dynadant . — Ici le rédacteur noas avertit d'uoe suppression (f" 197) ; Celui jor lor aiiint aventures aucunes qe je ne vueilt mie devùer en mon livre, por ce qe {mesire Luces dou Gant, dit 750, fo 186 a-b., le devise en Ut grant hystoire de T., et ce que je soi qu'il devise en son livre ne voill getnie deviser ou mien, por que ge m'en puisse garder. Ainz vos voill deviser Mes les autrts choses qu'il ne dist en son livre qui couvienent a ma matere) trop grant ennui me sambleroit d» [var. a] deviser totes les aventures qi avindrent a chascun chevalier, car je ne vous ai cure de conter aloignes, oint vous oorrai conter tôt plainement la aventures qi apartiennent a ma droite matire et au plut briefment qe je porrai, et vous dirai comment il avint a T. et a Din. — 1 03
re de TrisUtn et Dinadan dans la Tav. Rit. (p.
Blioberis, déguisé, se range du côté des adversaires d'Arthur, afin de combattre Gauvain, envers qui il a le cœur gros et enflé. Il 8*élance, avec le roi de Norgales, vers Tristan et Persides. Ce dernier est abattu par le roi, et Blioberis, avec son cheval, par Tristan . Le roi ayant été renversé également, les chevaliers de Norgales accourent à la rescousse et assaillent Tristan, qui tient bon; Garadoc et ses hommes lui viennent en aide : la mêlée devient générale {P 226). Tristan fait remonter Persides a cheval ; mais celui-ci, rompu de fatigue, quitte le champ de bataille. Tristan fait merveille : il abat Dinadan pour se ven- Tristan se siger de son gabois, puis le roi de Norgales, une seconde fois. ^° ®* Les chevaliers du roi s'empressent pour le venger ; plus de quarante chevaux passent sur le corps de Dinadan. Blioberis est le plus redoutable adversaire : Garadoc l'abat par hasard d'un coup de biais et reste ainsi définitivement vainqueur. Après le combat, Tristan retrouve Dinadan, qui ne veut plus jamais se battre avec lui, car il s'est aperçu qu'il est encore plus dangereux d'avoir quitté sa compagnie que d'y appartenir. Tristan rit de ces paroles et permet à Dinadan d'aller se loger chez lui, à condition qu'il ne le nommera point. Persides les ayant rejoints, ils vont tous trois vers la forêt.
127. Le roi Arthur et ses chevaliers se perdent en conjec- On ne sait pas tures au sujet du chevalier à l'écu noir : Bohort pense que c'est *^"^ ^ ®* Blioberis ; mais Lancelot et notamment Gauvain, qui est
brouillé avec Blioberis, ne sont pas de son avis. Gomme il fait nuit, le roi se retire à la maistre tour du château aux Pucelles. La reine est portée à croire que le chevalier noir est un chevalier de « céans ». Blioberis arrive et assure qu'il n'est pas le chevalier en question.
128. Tristan et ses compagnons arrivent à leur pavillon, et Persides donne des détails sur le tournoi à la demoiselle de Gornouaille. Au souper, une demoiselle arrive de la part de Palamède, qui a été au tournoi, très covertement, pour reconnaître le terrain. Il soupçonne que le chevalier noir n'est autre que Tristan et aurait voulu courir après lui pour s'en assurer, mais la présence de Persides l'en a détourné, et il s'est contenté d'envoyer la demoiselle à Tristan pour lui demander
son nom. Tristan refuse de le dire; mais il est reconnu par la La demoiselle demoiselle, qui avait été autrefois en Gornouaille comme mes- ^° c o^il^iTa u sagère de Palamède et y avait vu Tristan immédiatement Tristan.
avant sa folie. Elle retourne auprès de Palamède, qui est logé avec Sagremor et Gaheriet dans un superbe pavillon, tendu delez la forest K Ce pavillon a été donné à Palamède par la reine d'Ecosse, en souvenir du secours qu'il lui avait prêté contre un de ses ennemis, au moment où le roi d'Ecosse était mourant. Palamède prie sa messagère de ne rien dire de ce qu'elle a vu, et se décide à prendre le parti du roi Arthur pour ne pas exciter la colère de la lignée de Ban.
Première jour- 129. Tristan et Persides décident qu'ils attendront, le lenauchàteaudes demain, que Palamède ait choisi un parti pour se ranger contre Pucelles. lui. Gomme la demoiselle doit assister au tournoi, Tristan
l'autorise à raconter à la reine Guenièvre partie de son estre ; mais il lui défend de rien trahir de ce qui le concerne personnellement. Le lendemain matin, elle s'en va avec Gouvernai, à qui Tristan a commandé de la conduire aux loges et de rester là jusqu'à ce qu'il sache de quel côté Palamède se rangera. Dans la plaine règne une grande animation : le roi des Cent Chevaliers est accompagné de cent cinquante combattants ; du côté de Caradoc sont le roi d'Irlande, tous les compagnons de • :' la Table Ronde et maint autre bon chevalier. Le tournoi doit
s'ouvrir, suivant le désir du roi d'Ecosse, par la joute du roi des Cent Chevaliers et de Caradoc, secondé au besoin par Arthur et les autres. Les chevaliers de la lignée de Ban se tiennent à l'écart, sous leur bannière, confiée à Blioberis, qi celui jor la porta assez bien. Elle est d'un blanc samit a un lion vermeill rampant et un aigle de celé (1. tel) manière et de tel coulour.
La demoiselle ^^0. La reine Guenièvre aperçoit la demoiselle, dont le d'Iseut au costume est celui des Cornouaillaises, et la fait venir devant
elle. Apprenant qu'elle est une des dames d'Iseut, elle lui fait promettre de ne pas partir sans son commandement.
131. Caradoc est abattu par le roi des Cent Chevaliers, et le tournoi se change d'emblée en mortel assemblée. Le roi d'Irlande étant intervenu, celui des Cent Chevaliers est abattu à son tour, et le roi d'Ecosse s'empresse de lui prêter secours.
Arrivée de Pttla- 132. Lo toumoi en est là, quand arrivent Palamède, Gahe-
môde.
1. A Vorierc de la (var. d'une] foresl 334 et les autres. Plus loin [^ 137), le pavillon est au milieu do la grande plaine.
part avec ses compagnons. Il abat Hector, mais est lui-même abattu par Gaheriet (P 33). Lancelot survient et défie quiconque ne laissera pas les demoiselles tranquilles. Elles sont sauvées, et Arthur n*ose protester.
Marc s'avoue 236. Le roi Marc se constitue prisonnier et est obligé de coupable. g^ nommer. Il avoue avoir tué Bertelai. Arthur ne comprend pas que le bon droit puisse jamais être vaincu *.
1. Pour la suite dans 757, v. plus loin, § 251. — 334, etc. donnent la continuation des aventures intercalées (cf. p. 163 fin) :
Arrivée des six 237 ^ Arrivent Ivain, Brandelis et les autres compagnons que compagnons à Palamède avait abattus ^. Ils font connaître à la cour la poltronnerie la cour. jg Marc, qu'ils reconnaissent à ses armes.
238. Les écuyers de Dinadan le rejoignent *. Palamède lui demande qui est le chevalier qu'il avait secouru contre les six compagnons; Dinadan dit ne pas le savoir. — Ils s'en vont ensemble. Palamède accompagnera Dinadan vers la cour, mais il ne veut pas y entrer. Dinadan et Pala- Us arrivent au dernier château que possède encore Morgain en mède au chà- Logres et qu'elle défend contre Arthur par force. Gomme elle hait teau de Mor- ceux de la maison de son frère, elle a établi une coutume assez vileine : ^^^' chaque chevalier qui passe doit combattre deux chevaliers; s'il est vain-
queur, il faut, pour s'en aller, triompher encore d'un troisième; s'il est abattu par l'un d'eux, on le désarme, et on le fait partir à pied. Dans le cas où Lancelot arriverait, tous les chevaliers du château devront l'assaillir : lorsqu'il sera tué, Morgain fera cesser la coutume.
Palamède et Dinadan rencontrent un chevalier avec sa dame. Il a un frère chez Arthur et aime beaucoup les chevaliers errants ; il avertit donc nos deux compagnons de ce qui les attend, s'ils vont au château. Palamède veut y aller, mais Dinadan refuse. Palamède le blâme et lui
1. L'imprimé de Tressan (p. 130) présente ici une version diffi-rcnte des deux antres. Aprèn la confession de Marc, le réducteur retourne ii Yscult, restée aven Urangicn dans l'abbaye (cf. f SIC note). Un Jour qu'elle chante près d'une fontaine, elle est surprise par Br<îus sans pitié ; 11 ra l'enlever, quand arrive un chevalier qui l'abat et le chasse. Ce chevalier est Tristan ; en clliet, la coutume de la Table Ronde était que, le surlendemain de la réi-eption d'an chevalier, il allât pendant dix Jours h la quête des aventures. Il était permis à ses compa(çnons de le suivre, cou- ▼erti* d'armes inconnues, et de l'a|)i>eler h la joute sans toutefois en venir au combat ; la quête da Tristan (cf. Ruslicion, v(»y. § 024) l'avait empêché de se trouver k celui du roi Marc; plusieurs de ses compagnons ravalent suivi et presque tous avaient été renversés par lui. Lancelot aosal était parti pour faire la galanterie à Tristan de rompre une lance avec lui. U arrive prèa de la fontaine peu de temps après quYseult et Tristan se sont reconnus. Ys. se retire avec Brangien vers l'al)l)aye, Tristan a reconnu Lancelot, et, après un simulacre de Joute, il se fait connaître et présente Lanc. à YseuU; Lancelot lea quitte le lendemain. Brangien dit k Tristan que le roi Marc est à la cour, qu'il est temps de l'aller voir pour ne lui point donner de soupçons et qu'après les dix jours expirés il doit aller rendre compte de sa quôte, et Tristan se rend à la cour. Artus fait promettre h .Marc de pardonner k Trist. et le menace de la plus cruelle vengeance s'il ose Jamais attenter k la vie ou k la liberté de son neveu. Ouenifevre charge Tr. d'une lettre i)Our Ys. : elle l'y conjure de se retirer en Logres. si Marc lui fait éprouver de nouvelles persécutions ; Art. dit k peu près la même chose k Tr. Marc et Tr. partent et vont prendre Ys. à l'abbaye. Une vieille religieuse raconte k Marc qu'elle avait vu Tr. aux genoux d'Ys. pendant Bon premier séjour h l'abbaye. Marc difAre sa vengeance. — On retourne on Cornouailles. — Pour la suite. ▼. f 383 f.